dimanche 10 mai 2009

Enfin de retour à la maison!

Tel que convenu, Sveta et notre chauffeur Leonid, sont venus nous chercher à 0H15 à notre appartement de transit. Le début du trajet vers l’aéroport a été difficile pour Emma qui était probablement bouleversée par cet horaire tellement inhabituel. Hélène et moi avons réussi à la calmer en l’installant de façon à ce qu’elle puisse bien voir la route à partir du centre de la banquette arrière. Une demi-heure plus tard nous étions à l’aéroport d’Almaty. Après avoir enregistré nos bagages et obtenu nos cartes d’embarquement, nous nous sommes dirigés vers le contrôle des passeports. Même si ce n’était qu’une formalité, ce moment revêtait une signification bien particulière puisqu’il s’agissait de l’étape ultime à franchir pour qu’Emma puisse quitter son pays d’origine. Après avoir franchi le contrôle douanier, nous avons salué Sveta à distance pour une dernière fois, alors qu’elle nous surveillait au loin prête à intervenir en cas de problème.

Mademoiselle n’a pratiquement pas dormi durant l’attente qui a précédé notre embarquement à bord d’un Airbus A-340 de Lufthansa. Une fois à bord, vers 3H00 AM, Emma était toujours très chigneuse, ce qui nous a fait craindre que le voyage soit particulièrement difficile et éprouvant. Toutefois comme par magie Emma s’est endormie dans les bras d’Hélène dès que l’appareil a commencé à rouler sur la piste de l’aéroport d’Almaty. Au moment où l’avion a quitté le sol quelques minutes plus tard, nous devons avouer qu’un bref sentiment de culpabilité nous a traversés l’esprit en pensant que nous étions en train de déraciner Emma de sa terre natale. Toutefois même si Emma se questionnera éventuellement sur ses origines, nous espérons qu’elle saura un jour reconnaître la chance qu’elle a eu de quitter l’orphelinat. Sveta nous avait mentionné que seulement 2% des enfants kazakhs en orphelinat avaient la chance de trouver une famille d’adoption, puisque pour la plupart les parents biologiques ne signent pas de renonciation de leurs droits parentaux.

À notre grande surprise notre vol s’est bien déroulé alors que Maman Hélène et Bébé Emma en ont profité pour dormir durant une bonne partie du trajet. Le fait saillant de ce vol est survenu lors de notre approche finale sur Francfort, alors que Bébé a décidé de s’exprimer sans gêne en nous faisant un beau gros cadeau. Lorsque l’avion s’est finalement immobilisé, un agent de bord nous a dit que nous pouvions la changer avant de quitter l’appareil, offre que nous avons acceptée avec empressement… 1¼ minutes plus tard un autre agent de bord nous a indiqué de nous dépêcher car il ne manquait que nous à bord de la navette pour se rendre à l’aérogare. Finalement, après un petit sprint, nous avons à la fois assuré le confort de Bébé, de même que le confort des autres passagers qui nous ont côtoyés jusqu’à l’aérogare…!

Notre escale à Francfort marquait le retour d’Hélène à la vie occidentale après avoir vécu 7 longues semaines loin des nombreuses commodités et de l’abondance de notre société, dont 17 jours seule avec Emma. Hélène était particulièrement heureuse de revoir des gens qui nous ressemblaient, de voir des gens s’affairer dans l’aérogare, de voir des gens magasiner dans les nombreuses boutiques, de voir des gens manger et boire dans les restaurants et bars de l’aérogare. Hélène a été particulièrement étonnée de voir des gens la croiser et lui sourire en la voyant avec Emma, ce qui ne ressemble en rien au climat austère ressenti au Kazakhstan. Bref, ce retour vers la vie «normale», du moins vers la vie telle que nous la connaissons, était comme une bouffée d’air frais.

Le vol Francfort/Montréal à bord d’un Boeing 777 d’Air Canada s’est déroulé sans histoire. Bébé Emma s’est bien comportée, et un agent de bord nous a même mentionné à la fin du vol que nous avions un bébé idéal pour voyager… commentaire pour lequel nous émettons toutefois quelques réserves!!!

Vers 11H40 (21H40 heure d’Almaty), nous nous sommes posés à Montréal, et nous en avons profité pour souhaiter chaleureusement la bienvenue à Emma au Canada. Dix minutes plus tard notre avion s’est garé devant l’aéroport de Montréal. Nous étions alors persuadés de manquer notre connexion vers Québec prévue pour 13H00. Contre toute attente, nous sommes arrivés au carrousel à bagages avant nos valises! En effet étant donné qu’un jeune enfant voyageait avec nous, un agent de sécurité nous a dirigés de façon à éviter la file ce qui nous a permis de franchir le contrôle douanier très rapidement. Par la suite nous nous sommes présentés à Immigration Canada où, contrairement à ce que l’on croyait, notre passage a été très court. L’agent d’Immigration Canada a jeté un bref coup d’œil aux documents d’Emma, il a enregistré son visa de facilitation et nous a laissés partir sans nous donner d’indications additionnelles.

Vers 12H30 nos bagages étaient récupérés et nous nous sommes présentés au comptoir des connexions. Étant exténués, nous avons demandé à la commis s’il y avait de la place sur les vols suivants vers Québec, mais elle nous a mentionné que les autres vols étaient complets et que nous avions le temps pour prendre le prochain vol. J’ai donc déposé nos bagages sur le convoyeur des connexions, et malgré la déception d’Hélène, nous avons entrepris un dernier sprint. Ainsi après une bonne marche, nous avons franchi la sécurité, marché de nouveau vers notre porte d’embarquement, changé la couche d’Emma, et habillé cette dernière pour affronter le temps froid à l’extérieur, nous nous sommes présentés à notre porte d’embarquement à 12H55, juste à temps pour attraper notre vol. Avec un passage aussi rapide, ni Hélène, ni Emma n’auront eu la chance d’apprécier leur séjour à Montréal!

Tout comme lors de notre décollage à Uralsk, Emma aura réussi à m’étonner lors de notre départ. En effet je croyais que le bruit intense d’un DASH-8 au décollage ferait pleurer Emma. Au contraire Emma a observé calmement le paysage par le hublot jusqu’à ce que les nuages recouvrent Montréal. Par la suite Emma a bu un bon biberon de jus de pomme en espérant que cela suffirait à la faire patienter jusqu’au prochain biberon de lait.

Enfin arrivés à l’aéroport de Québec, en attendant nos bagages, nous étions excités de voir Catherine et les grands-parents d’Emma nous saluer de l’autre côté de la vitrine qui nous séparait. Par la suite il y avait énormément de fébrilité dans l’air au moment de franchir les portes pour retrouver nos proches. Emma était la vedette du moment, elle observait beaucoup sa grande sœur et elle a même esquissé quelques sourires à notre comité d’accueil.

Emma nous a rapidement fait remarquer que son horaire était chamboulé, et que la faim la tenaillait. Ainsi durant le trajet d’une vingtaine de minutes vers sa nouvelle demeure Mademoiselle était de très mauvaise humeur, à un point tel que Maman n’a pas insisté pour lui faire découvrir son nouveau siège d’auto. Une fois arrivés à la maison, papa s’est empressé de faire réchauffer un biberon tandis que Maman s’occupait de consoler et de déshabiller Bébé. Pendant ce temps, grand-papa Laurent et Louise, qui nous ont si gentiment conduits, s’occupaient des bagages. 2 minutes plus tard Bébé pouvait enfin ingurgiter son premier boire à la maison. Ouf, quel soulagement pour nos oreilles!

Une dizaine de minutes plus tard Bébé esquissait ses premiers sourires à la maison, au plus grand plaisir de grand-papa Laurent et Louise. Par la suite nous avons offert à Emma une première tournée de la maison pour qu’elle puisse commencer à se familiariser avec son nouvel environnement. À son habitude Emma a observé avec intérêt le nouveau décor qui défilait sous ses yeux et elle a été attirée par le beau bouquet de ballons qui l’attendait dans sa chambre. Et il faut mentionner, sans l’ombre d’un doute, que c’est Maman qui a le plus apprécié cette tournée de la maison. Après 7 semaines d’absence Hélène pouvait enfin savourer ces moments tant attendus.

Un peu plus tard Emma a fait sa première sieste dans son nouveau lit. Malgré nos appréhensions, Mademoiselle n’a pas protesté et elle s’est rapidement endormie. En soirée nous avons repris la routine du Kazakhstan : bain vers 19H00, dodo vers 20H00 et biberon à 23H00. Exténués, nous avons imité Emma pour dormir dès 20H30. Probablement désemparée, Bébé a pleuré à une seule occasion durant la nuit, et elle s’est rendormie rapidement lorsqu’Hélène l’a réconfortée. Finalement, contre toute attente, Emma s’est réveillée à 7H30 (heure du Québec!!!) le lendemain matin! Wow!!!

Le réveil de Mademoiselle s’est effectué en douceur. Après l’avoir entendue jargonner, celle-ci nous a réservé ses plus beaux sourires lorsque nous nous sommes approchés de sa couchette. Quel beau début de journée! Encore sous l’effet du décalage horaire, et subjugué par le charme de Bébé, Papa en a alors profité pour se présenter au travail avec un léger retard!

HPEC & Emma Victoria

Bienvenue au Canada!

Bonjour à vous chers lecteurs,

Nous vous écrivons ce petit mot pour vous dire qu'Emma a fait son entrée au Canada aujourd'hui. Notre voyage s'est bien déroulé dans l'ensemble, et Emma a connu sa grande soeur Catherine et ses grands-parents à notre arrivée à l'aéroport de Québec vers 14H00 cet après-midi. Ceux-ci nous ont même réservé quelques applaudissements lorsque nous avons franchi les portes après avoir récupéré nos bagages. Je dois avouer que Maman Hélène les méritait amplement. Si je n'avais pas transporté les bagages, je l'aurais également applaudi chaleureusement! Bravo Hélène!!!

Nous vous ferons un récit plus détaillé des derniers jours, dès que nous aurons repris un rythme de vie un peu plus normal.

Nous souhaitons maintenant qu'Emma s'adaptera rapidement à son nouvel environnement.

Je tiens également à souhaiter un joyeux anniversaire à mon collègue Monsieur Gagnon. En fait nous aurons profité d'une journée de 34 heures pour penser à l'anniversaire de M. Gagnon puisque nous avons quitté Almaty en pleine nuit avec 10 heures d'avance sur le Québec. Finalement en cette journée de la fête des mères, je souhaite bonne fête à toutes les mamans qui ont suivi notre aventure, et principalement à celle qui y a joué un rôle primordial, et vous aurez deviné qu'il s'agit de maman Hélène!

À bientôt!

HPEC & Emma Victoria

samedi 9 mai 2009

Le départ de Uralsk

Dès 5H15 nous étions à l’œuvre pour effectuer les derniers préparatifs avant notre départ. En plus de finaliser les bagages, nous nous sommes partagés plusieurs tâches ménagères. Entre autres nous avons lavé les draps de notre lit et de celui du bébé, fait la vaisselle suite au déjeuner, fait le ménage du frigo et du garde-manger, jeté les denrées périssables et terminé le ramassage. Il faut avouer que c’était particulier de jeter nos réserves de nourriture alors que nous n’avions toujours pas de confirmation que les papiers d’Emma étaient arrivés!!!

De plus nous avons rangé dans quelques boîtes les articles qui seront sûrement utiles aux futures familles adoptantes. À notre retour nous mettrons à jour la liste de ces articles, initialement préparée par les parents adoptants qui nous ont précédés. Elvira viendra récupérer les boîtes et les entreposera en attendant qu’une nouvelle famille ait la chance d’adopter un enfant à Uralsk. De même Elvira s’occupera de ramasser les draps qui sont présentement au séchage sur les chaises de la cuisine, et elle les ajoutera dans les boîtes réservées à nos successeurs.

Tant qu’à elle, Bébé-Emma s’est réveillée peu après 7H00, et durant que Maman Hélène s’occupait de Mademoiselle, papa Éric terminait les bagages. Par la suite, c’est Maman Hélène qui a eu la tâche ingrate d’aller jeter les vidanges pour une dernière fois. Je conviens que c’est moi qui aurais dû m’acquitter de cette tâche, mais… ce matin c’était boueux à cause des averses abondantes de la veille en soirée, et étant donné que je n’avais pas ramené mes bottes à Uralsk, Hélène s’est alors proposée comme volontaire.

Tel que convenu Elvira est arrivée vers 8H00, et elle nous a confirmé qu’elle avait bien reçu les papiers tant attendus. Quelle bonne nouvelle! Finalement vers 8H15, le temps de quitter cet endroit, où nous avons vécu des moments qui resteront gravés à jamais dans notre esprit, était enfin arrivé. Malgré les souvenirs que nous laissons derrière nous, c’est tout même avec enthousiasme que nous avons fait nos adieux à l’appartement.

Sur la route nous menant à l’aéroport Elvira nous a fait remarquer un obélisque indiquant la frontière entre l’Europe et l’Asie. Ainsi Uralsk est mi-européenne et mi-asiatique.

À l’aéroport d’Uralsk nos bagages, incluant la poussette, ont fait osciller l’aiguille de la balance à 60Kg pile. Ayant droit à 30Kg chacun, nous avions donc pris une bonne décision de limiter nos achats de vodka kazakh! Par la suite avant de franchir le contrôle des passeports, nous avons salué et remercié Elvira pour une dernière fois. Celle-ci nous a demandé de lui faire parvenir des photos d’Emma, et nous a mentionné qu’il était possible qu’elle vienne nous rendre visite au Canada éventuellement. Une fois rendus sur le tarmac, avant de grimper à bord d’un Airbus 319 d’Air Astana, Hélène a voulu immortaliser le départ d’Emma de sa ville natale. Toutefois un garde de sécurité qui surveillait l’embarquement ne l’entendait pas ainsi, et nous a interdit de prendre des photos, c’est du moins ce que l’on croit avoir compris…

Mademoiselle Emma s’est comportée de façon exemplaire autant à l’aéroport qu’au décollage. Et bien oui contrairement à ce que j’anticipais, Emma n’a pas réagi aux vibrations intenses de l’appareil au moment de s’élancer sur cette piste aussi douce qu’une planche à laver! Il faut dire qu’Emma a siphonné avec beaucoup d’intensité un bon jus de pomme durant le décollage. Durant notre ascension Bébé Emma s’est endormi dans mes bras avec son biberon vide entre les mains. Nous étions très fiers du comportement de notre fille, et les agents de bord semblaient en admiration devant notre petit ange kazakh. Lorsque nous avons tenté de déposer Bébé-Emma dans la bassinette que l’agent de bord avait installé à nos pieds, Mademoiselle s’y est opposée vigoureusement. Elle se sentait probablement coincée dans ce petit lit qui ne ressemblait en rien à sa couchette, ce qui a fait disparaître instantanément son petit côté angélique! Emma était tout simplement inconsolable. Je me suis empressé d’avaler mon dîner pour prendre la relève d’Hélène. Mais Emma ne l’entendait pas ainsi… et elle a réussi à priver sa maman de ce repas attendu depuis si longtemps. Je lui ai préparé une bouteille de lait pour la calmer, mais rien à faire… Mademoiselle était trop fatiguée et fâchée pour prendre son biberon. Tout cela n’inspirait rien de bon pour les prochains vols… Après plus d’une heure et demie de pleurs, Maman Hélène a finalement réussi à endormir Emma dans ses bras. Emma a ainsi dormi blottie dans les bras de sa maman pour le reste du vol, dans un sommeil fragile qui a été ponctué de nombreux sanglots.

Une fois arrivés à Almaty, Hélène a fait une analyse particulièrement logique de cette situation. En effet pour ne pas trop déstabiliser Emma depuis sa sortie de l’orphelinat, nous n’avions pas modifié sa routine des dodos. Ainsi à chaque sieste Emma était déposée dans sa couchette et elle s’endormait couchée sur le côté en prenant sa doudou près de son visage. Donc jusqu’à ce jour, Emma ne s’était jamais habituée à s’endormir dans les bras d’Hélène, et en plus la fatigue d’Emma était amplifiée puisque qu’elle n’avait pas fait sa sieste matinale.

Vers 14H00 nous avons retrouvé Sveta à l’aéroport d’Almaty, et en attendant notre prochain vol nous nous sommes dirigés vers le même appartement où j’avais logé 2½ semaines plus tôt. Sur la route les étranges traverses pour piétons ont de nouveau capté notre attention. En effet, tout comme à Uralsk, les piétons ont priorité pour traverser la route aux endroits balisés par deux petits triangles bleus de chaque côté de la route. C’est assez spécial de voir des piétons traverser les rues sans qu’il y ait de lumières, avertisseurs ou autres signaux, et de voir les automobiles s’immobiliser, et souvent assez brusquement, pour les laisser passer. C’était encore plus particulier de voir ce type de traverse à Almaty sur un boulevard à 6 voies où les véhicules circulaient probablement à près de 70Km/heure.

Emma a tôt fait de nous ramener à la réalité en nous manifestant son impatience, car n’ayant pas pris son biberon en vol, elle était assurément affamée. Ainsi nous nous sommes rendus directement à l’appartement pour que Bébé puisse prendre son biberon. Durant ce temps je me suis rendu à l’épicerie avec Sveta, pour acheter quelques provisions pour notre court séjour.

La température étant magnifique, et l’appartement étant déprimant, nous avons décidé vers 16H00 qu’Emma dormirait dans sa poussette plutôt que dans la couchette installée dans l’appartement. Ainsi nous avons marché au centre-ville et ce principalement sur une grande allée piétonnière entourée de boutiques et de restaurants. Il y avait beaucoup de monde en ville puisque le 9 mai est le jour de la commémoration de la victoire survenue en 1945 lors de la seconde guerre mondiale. Nous avons également fait une tournée rapide d’un centre d’achat nommé «silk road» faisant ainsi allusion à la route historique de la soie entre l’Europe et l’Asie. Nous avons apprécié ces moments à l’extérieur, et Hélène était très excitée de se retrouver dans cet environnement plus contemporain, comme si nous avions fait un bond en avant de quelques décennies en quittant Uralsk.

De 19H30 à 22H30, Papa et Emma ont fait une sieste, alors que Maman en a profité pour relaxer, et prendre une bonne douche. Malheureusement pour la coiffure de Maman, son séchoir a rendu l’âme à quelques heures de la fin de notre périple. Notre fin de soirée a été fort occupée : Laver, nourrir et habiller Bébé, prendre un lunch, faire la vaisselle, petit ménage de l’appartement, se doucher, refermer et réorganiser les valises, etc… Finalement Hélène a préparé suffisamment de biberons pour toute la durée du grand voyage qui allait commencer dans les prochaines minutes.

HPEC & Emma Victoria

vendredi 8 mai 2009

Les retrouvailles

Mon vol est arrivé à Uralsk selon l’horaire prévu, et contrairement au premier voyage Elvira était au rendez-vous! Elvira semblait inquiète, et effectivement la situation concernant la grippe A H1N1 au Canada la préoccupait. Après l’avoir rassurée, je l’ai questionnée à mon tour pour savoir si les papiers d’Emma étaient arrivés. Et bien non, les documents n’étaient toujours pas arrivés. Elvira m’a expliqué qu’il y avait un peu de retard et que les documents arriveraient directement de Moscou par avion au cours de la prochaine nuit vers 2H00. Même si Elvira m’a dit de ne pas m’inquiéter, disons que de recevoir les papiers d’Emma quelques heures avant notre départ n’est pas une situation particulièrement rassurante…

Par la suite, Elvira a installé la boîte contenant la poussette sur le siège avant à ses côtés, et conformément aux indications d’Elvira, je me suis assis comme à l’habitude à l’arrière de la Lexus, et nous nous sommes mis en route vers l’appartement. J’ai constaté que le printemps était bien installé sur Uralsk, et que le feuillage des arbres rend maintenant la ville un peu moins grise. Je me suis également rappelé que la conduite automobile au Kazakhstan est bien différente qu’au Canada. En effet les angles morts ça n’existe pas au Kazakhstan. Ainsi le conducteur de l’automobile qui nous précède a priorité, et peut se déplacer à gauche ou à droite sans signaler son intention. C’est toujours surprenant de voir un véhicule se déplacer brusquement sur sa gauche pour contourner un véhicule immobilisé en bordure de la route, sans considérer les autos qui se situent dans son angle mort. De même il ne faut pas essayer de comprendre l’utilité des lignes peintes sur la chaussée puisqu’il y a autant de conducteurs qui se promènent sur les lignes qu’entre les lignes. Finalement nous avons vu des dépassements extrêmes sur la route qui mène à l’aéroport à plus d’une reprise. Imaginez des dépassements alors qu’une voiture vous croise en sens inverse… une chance que les accotements sont suffisamment larges pour faciliter les manœuvres!

En montant les escaliers menant à notre résidence secondaire j’ai rapidement reconnu les odeurs d’humidité et d’urine de chat qui caractérisent l’entrée de l’immeuble et les escaliers. Arrivé devant la porte de l’appartement, j’ai cogné à plusieurs reprises pour qu’Hélène ouvre la porte, mais sans succès. Moi qui croyais qu’Hélène avait hâte de me revoir…! En fait Hélène respectait simplement les consignes de sécurité puisqu’elle ne voyait pas l’auto d’Elvira à l’extérieur.

Après 17 jours seule avec Bébé Emma, Hélène avait enfin le bonheur de me retrouver… du moins c’est ce que j’imagine! Aussitôt entré dans l’appartement, Bébé Emma a manifesté sa présence en signalant la fin de sa sieste du matin. Suivant les conseils d’Hélène je me suis approché doucement de la couchette afin de saluer ma fille. Dès qu’Emma m’a vu, elle a eu un léger mouvement de recul, et en signe d’étonnement sa bouche et ses yeux se sont arrondis. Deux secondes plus tard, j’avais droit au plus beau des sourires. J’étais soulagé qu’Emma m’ait reconnu, et elle a semblé apprécier se retrouver dans mes bras.

Quelques minutes plus tard Hélène a placé Emma à plat ventre au centre du salon. Et bien j’ai eu droit à une belle surprise puisque Mademoiselle est maintenant capable de se déplacer en rampant! Et oui les cours de «rampage 101» ont finalement porté fruit! Je dois avouer que ça fait chaud au cœur de retrouver sa petite famille dans un endroit aussi lointain de chez soi. Un peu plus tard Emma a effectué son premier tour de poussette dans l’appartement, alors que nous avions décidé de la familiariser avant le grand voyage de retour.

Après un si long voyage, j’étais plus que prêt pour prendre une bonne douche. Bon, je vous laisse imaginer la suite… et bien oui il n’y avait pas d’eau! Bienvenue à Uralsk Éric! Ce n’est que vers midi que l’eau est enfin revenue. Et en regardant au fond du bain je me suis rappelé à nouveau des souvenirs de mon premier voyage, en constatant à quel point l’eau pouvait être riche en minéraux!!! Finalement, exténué de mon voyage, Hélène m’a permis d’imiter Emma, et j’en ai profité pour dormir comme une bûche jusqu’à 14H00.

Tel que convenu, Elvira est venue nous rejoindre à l’appartement vers 15H00. Nous avons alors profité de l’occasion pour lui remettre un cadeau et nous lui avons exprimé notre gratitude pour tout ce qu’elle a fait pour nous durant notre séjour à Uralsk. Par la suite nous avons été nous promener avec Elvira au parc. Cet endroit qui longe la rivière Oral est vraiment superbe et nous avons grandement apprécié notre marche en plein air. Emma en a profité pour faire une petite sieste dans sa poussette. Par la suite nous avons fait un saut au centre d’achat à 3 étages pour acheter quelques souvenirs à Emma. Finalement nous nous sommes rendus avec Elvira au restaurant Galaxie pour prendre un excellent souper avant notre départ. Il s’agissait de la première sortie d’Emma au restaurant, et dans l’ensemble Mademoiselle s’est bien comportée. Il faut dire qu’elle a eu droit à un biberon avant le début du repas qui a contribué à la garder calme.

En soirée Mademoiselle était fort enjouée pour son dernier bain à Uralsk. Une fois Emma endormie, Hélène et moi avons entrepris un blitz pour préparer les bagages et faire du ménage. Par chance Hélène avait déjà fait une bonne partie du ménage avant mon arrivée. En fin de soirée, une fois les bagages pratiquement complétés, nous nous sommes couchés pour une très courte nuit en rêvant à notre retour au Canada avec Emma, et en souhaitant que les papiers d’Emma arrivent de Moscou au cours de la nuit comme prévu.

Bonne nuit!

HPEC et Emma Victoria

jeudi 7 mai 2009

Émilie Bordeleau

Enfin je me suis envolé pour le Kazakhstan le 6 mai en fin de journée pour retrouver Hélène et Bébé Emma. Lorsque je suis arrivé du travail à 14H30, Monsieur Parent et Louise m’attendaient patiemment à la maison pour venir me reconduire à l’aéroport. Même Catherine a préféré demeurer à la maison pour me saluer avant mon départ, vraiment très gentil, n’est-ce pas? À vrai dire je ne lui ai pas demandé la raison pour laquelle elle était à la maison cet après-midi, mais j’ai imaginé que…

Voici les faits saillants de ce voyage :
  • Arrivé à Montréal, mon vol de 19H55 pour Francfort était retardé à 21H30. Youppi! À choisir entre Montréal et Francfort pour attendre, je préfère de loin l’aéroport de Montréal. Toutefois, Monsieur Gagnon, il faut reconnaître que ce n’est rien de comparable au magnifique aéroport de Québec!
  • Durant mon attente à Montréal, j’ai lu avec intérêt un courriel qu’Hélène m’avait envoyé plus tôt dans la journée. Je ne peux passer sous silence le paragraphe où Hélène se compare à Émilie Bordeleau dans les filles de Caleb lors des absences d’Ovila Pronovost qui se rendait sur les chantiers. Moi qui croyais qu’Hélène faisait référence aux retrouvailles passionnées du couple lorsqu’Ovila était de retour du chantier… et bien non, Hélène faisait seulement allusion au fait que je l’avais abandonnée avec Emma, de la même façon qu’Ovila abandonnait Émilie avec ses enfants…
  • Cette fois-ci loin de moi les gravols…. Par chance sur le vol Montréal/Francfort, les 2 sièges voisins étaient libres. J’en ai donc profité pour dormir à l’horizontal près de 3 heures. Pour le vol Francfort/Almaty, le voyage s’est bien déroulé et a été ponctué d’une escale à Astana. Malgré la fatigue je n’ai pas réussi à dormir sur ce vol, et j’en ai profité pour visionner «Le liseur» et «Slumdog millionaire».
  • Un instant j’ai cru que ce que je redoutais allait ce produire en arrivant à Almaty devant les risques de pandémie associés à la grippe A H1N1. En fil pour passer aux douanes, une agente au style militaire se promenait devant les rangées avec un masque pour se protéger des microbes de l’Amérique du Nord. Quelques autres agents douaniers assis derrière la fenêtre de leur cubicule portaient également des masques. Lorsque mon tour de franchir les douanes est arrivé, l’agente a eu une vive réaction lorsqu’elle a constaté que j’avais un passeport canadien. En effet elle a eu un mouvement de recul et m’a lancé d’une voix vive : « Go away! Go away! », tout en gesticulant, comme si j’avais la peste. Intérieurement je me questionnais : « Go away, mais pour aller où???» et devant sa réaction j’ai reculé de 2 pas, ce qui a suffi pour la calmer. Elle m’a alors posé une question de routine sur mon nouveau visa, et elle s’est empressée de me laisser passer. Ouf! Considérant que d’autres pays d’Asie avaient soit refoulés des voyageurs, mis des voyageurs en quarantaine ou bien soumis des voyageurs à des examens médicaux, je dois avouer que la méthode kazakh me convenait parfaitement!!!
  • Vers 1H30, je suis arrivé au salon de la classe affaires d’Air Astana à l’aéroport d’Almaty. J’étais bien heureux d’être arrivé en sol kazakh, et d’avoir franchi les contrôles douaniers! J’avais planifié dormir quelques heures dans un fauteuil de ce salon avant de prendre mon prochain vol prévu pour 6H25. Disons que ma planification était un peu déficiente car je n’avais pas prévu que la jeune fille en charge du comptoir déciderait d’écouter la télé à tue-tête. Vers 3H30, le bruit assourdissant de la télé avait laissé la place au flot continuel de voyageurs, et aux annonces fréquentes des arrivées et départs des différents vols. Finalement j’ai peu dormi durant la nuit avant de prendre mon vol pour Uralsk.

À très bientôt!

Hélène, Éric et Emma

mardi 5 mai 2009

Un nouveau cousin pour Emma

Aujourd’hui, pour la première fois depuis le début de notre aventure, nous n’avons pas reçu de courriel de Martine. Il fallait bien que ça arrive tôt ou tard…. Et oui Martine a accouché la nuit dernière d’un beau garçon prénommé Louis. Félicitations aux nouveaux parents, Martine et Régis! Hélène est un peu jalouse, puisque je me suis rendu à l’hôpital en début de soirée pour voir le nouveau cousin d’Emma. Donc la famille s’agrandit pour la peine en 2009: Maude a accouché de Tom-Elric en mars, Emma Victoria s’est ajoutée par la suite et maintenant voilà Louis qui vient compléter la cuvée 2009. Et de plus il faut ajouter que du côté de la famille à Hélène, il y a aussi la belle Marie-Maude qui est née en janvier dernier.

Après la visite à l’hôpital je me suis empressé de compléter mes bagages car demain c’est enfin le départ pour mon second séjour au Kazakhstan, qui j’espère sera de très courte durée!

Du côté d’Uralsk le beau temps est revenu, ce qui permet à maman Hélène de prendre une petite marche avec Emma en après-midi. Même si pour aller dehors Emma doit revêtir un ensemble chaud qui restreint malheureusement ses mouvements, Emma semble apprécier ces moments avec sa maman. Il faut également mentionner que le premier repas de Bébé Emma à base de poulet et patates sucrées n’a pas fait fureur, puisque Mademoiselle a grimacé. Cette situation est un peu gênante puisque tous les autres aliments essayés jusqu’à maintenant ont semblé lui plaire. Nous demeurons toutefois confiants qu’un jour elle appréciera le bon poulet Exceldor lorsque nous serons de retour au Canada!

À demain!

HPEC & Emma

dimanche 3 mai 2009

Les peintres sont à l'oeuvre

La température est maussade à Uralsk ce weekend. Etant donné le temps froid et venteux, Hélène et Emma sont confinées à l'intérieur, et la sortie au parc avec Elvira a été annulée. Même si ce n'est pas recommandé pour favoriser l'attachement d'un enfant, Hélène s'est permis une petite détente en écoutant une émission de variétés kazakh. Comme de raison Emma est impressionnée par cette machine bizarre qui émet des sons et des images. Après une prestation très réussie, l'auditoire s'est mis à applaudir. Au grand étonnement d'Hélène, Emma s'est également mise à applaudir et à émettre des sons joyeux, comme si elle appréciait ce spectacle kazakh. Et oui, Emma nous surprend par son sens de l'observation et ses talents d'imitation. Par ailleurs, pour la durée des siestes d'Emma, Hélène note une certaine amélioration.

Du coté de St-Romuald, grand-papa Laurent et grand-maman Louise ont relevé le défi de peinturer la chambre d'Emma aujourd'hui. Et oui, la chambre de Bébé-Emma n'était pas encore prête puisque avant notre départ l'incertitude planait toujours quant au sexe de l'enfant. Maintenant tout est prêt! Disons que sa chambre contraste un peu avec son dortoir de l'orphelinat! Un gros merci à nos 2 peintres, de vrais pros! Il est certain que M. Parent et Louise feraient d'excellents candidats pour participer à Ma Maison RONA!!!!

De mon coté, avec l'aide d'Antoine, nous avons terminé les achats pour Emma. Disons que la poussette parapluie répondant aux critères de maman Hélène a été particulièrement difficile à trouver. Mais aujourd'hui nous pouvons dire: mission accomplie! Hélène a vu la poussette via le site internet du fabricant, et elle nous a donné sa bénédiction. Ouf! Plus que 3 dodos avant mon départ pour le Kazakhstan. J'ai vraiment hâte de m'envoler pour retrouver Hélène et Emma!

HPEC et Emma Victoria

vendredi 1 mai 2009

J'ai reçu mon visa

Hier Elvira a contacté Hélène, et elle lui a confirmé que le dossier d’Emma sera à l’ambassade du Canada à Moscou lundi prochain. Ainsi Elvira croit que nous recevrons jeudi le 7 mai tous les papiers nous permettant de ramener Bébé-Emma avec nous au Canada. On se croise les doigts pour que cet échéancier devienne réalité!

Le beau temps s’est installé depuis quelques jours sur Uralsk ce qui permet à Hélène de prendre l’air avec Bébé. Il fait chaud, et ce spécialement lorsque Maman se promène avec Bébé dans le porte bébé ventral. En passant Hélène dit qu’elle a l’impression que les gens la regardent comme une extra-terrestre, probablement parce qu’un porte bébé ventral ne passe pas inaperçu dans ce coin de la planète. En fait la grande majorité des jeunes enfants que l’on croise lors de nos marches sont dans les bras de leurs parents. On a vu également quelques poussettes, mais c’est plutôt rare.

Hélène m’a raconté qu’Emma avait eu quelques secondes de réflexion lorsque cette dernière a vu pour la première fois sa maman avec les cheveux attachés. Après avoir entendu la douce et rassurante voix de sa maman, Emma a par la suite recommencé à sourire.

De mon côté, j’ai reçu mon visa de l’ambassade du Kazakhstan au Canada. Celui-ci a été livré par Fedex hier, mais évidemment j’étais au travail lors de la livraison. J’ai donc été cueillir le précieux document au dépôt de Fedex à Québec en fin de journée.

Un peu plus tôt cette semaine j’ai réservé mes billets d’avion pour aller rejoindre Hélène et Emma à Uralsk. J’ai également réservé un billet de retour pour Emma, et Mademoiselle aura probablement droit à une bassinette pour les vols Almaty/Francfort et Francfort/Montréal. Voici donc l’itinéraire :
· 6 mai / vol AC8723 Québec-Montréal / départ 17H20 / arrivée 18H12;
· 6 mai / vol LH9641 Montréal-Francfort / départ 19H55 / arrivée 8H55;
· 7 mai / vol LH646 Francfort-Almaty / départ 13H15 / arrivée 1H15 avec escale à Astana;
· 8 mai / vol KC881 Almaty-Uralsk / départ 6H25 / arrivée 8H40;
· 9 mai / vol KC882 Uralsk-Almaty / départ 9H40 / arrivée 13H40;
· 10 mai / vol LH647 Almaty-Francfort / départ 3H15 / arrivée 6H10;
· 10 mai / vol LH9640 Francfort-Montréal / départ 10H00 / arrivée 11H40;
· 10 mai / vol LH9596 Montréal-Québec / départ 13H00 / arrivée 13H47;

Tout dépendamment du temps requis pour franchir les douanes et passer à l’immigration, il est probable que l’échéancier soit un peu serré pour réussir à attraper notre dernier vol à temps. Une fois rendu à Montréal on réussira sûrement à s’arranger pour se rendre à Québec. À vrai dire ma principale inquiétude est de savoir si les autorités kazakhs risquent de me refuser l’entrée au Kazakhstan à cause des cas de grippe A H1N1 au Canada. Pour l’instant je ne peux rien y faire, alors on verra en temps et lieu.

À bientôt!

HPEC et Emma Victoria

mardi 28 avril 2009

Le passeport kazakh d'Emma

Le départ pour le Canada se rapproche un peu plus pour Emma et Hélène puisqu’une nouvelle étape a été franchie aujourd’hui. En effet Emma vient de recevoir son passeport kazakh. De plus, Elvira a été en mesure de le faire estampiller par les autorités locales d’Uralsk au cours de la journée. Ainsi le passeport d’Emma sera expédié à Astana dès demain, avec les documents qui doivent suivre par la suite à Moscou. Elvira devrait également être en mesure de savoir ce jeudi à quel moment les documents arriveront à l’ambassade canadienne de Moscou.

Les journées d’Hélène sont très actives, car Bébé-Emma n’affectionne pas les longues siestes. Plus souvent qu’autrement Bébé-Emma ne dort pas plus d’une demi-heure à chaque sieste. En contrepartie Emma fait des nuits acceptables et elle se réveille généralement entre 7H00 et 8H00. Il arrive encore à l’occasion que Bébé-Emma fasse des cauchemars et qu’elle pleure en versant de grosses larmes alors qu’elle demeure endormie.

Bébé-Emma est en pleine forme et Hélène la compare à un vrai petit ressort. Pour sa part, Maman Hélène est maintenant abonnée à un programme de mise en forme dont voici les principaux éléments : Prendre soin de bébé à l’appartement et faire des exercices au sol avec elle; maintenant que le beau temps est de retour, prendre de belles marches à l’extérieur avec Bébé-Emma dans le porte-bébé ventral; et finalement, descendre et monter à répétition l’escalier de l’immeuble, comme aujourd’hui pour monter les grosses cruches d’eau et les sacs d’épicerie provenant du supermarché.

HPEC et Bébé Emma

jeudi 23 avril 2009

De l’action, et une gravol !

Vers 11H30 ce matin, Hélène a eu droit à tout un spectacle. Pendant qu’Hélène préparait son dîner, elle a entendu du bruit à l’extérieur près de l’entrée de l’immeuble. Une douzaine de jeunes adultes (18 à 20 ans) marchaient dans le stationnement, puis la bagarre a éclaté. Et pas à peu près… les coups de poing pleuvaient. Durant l’altercation, un gars s’est retrouvé couché au sol, alors que son assaillant continuait à le frapper brutalement. Une petite grand-maman qui passait par là s’est mise à crier. Les membres de la gang de celui qui se faisait frapper, essayaient de le tirer par les bras pour le sortir de sa fâcheuse position mais ils n’y arrivaient pas. C’était un peu fou!!! Hélène pense même que certains jeunes avaient un couteau en leur possession. Quand le jeune homme qui a été battu s’est finalement relevé, ses compagnons devaient le soutenir pour l’aider à marcher.

Des policiers patrouillant à pied sont arrivés une dizaine de minutes plus tard. À ce moment, il ne restait que les nombreux chats du secteur pour les accueillir. Les policiers ont interrogé deux jeunes, qui, selon Hélène, n’étaient probablement pas reliés à l’action. Ceux-ci ont subi une fouille complète, manteaux, poches et même les bas, puis les deux jeunes sont repartis accompagnés des policiers.

Hélène est bien heureuse que notre appartement soit situé au 3ième étage de l’immeuble, et elle a finalement décidé de reporter à plus tard ses projets de sorties pour aller jeter les ordures. Même si tous les appartements des immeubles du quartier situés au rez-de-chaussée ont des barreaux aux fenêtres, on croyait le coin relativement sécuritaire, puisque l’on voit souvent plusieurs jeunes enfants jouer à l’extérieur.


De mon côté mon voyage de retour s’est bien déroulé dans l’ensemble, mais il a été ponctué de quelques anecdotes. Tout d’abord à mon arrivée, au comptoir de Lufthansa à l’aéroport d’Almaty il n’y avait plus de réservations à mon nom! Lorsque le billet de retour d’Hélène a été modifié pour la date du 10 mai, Lufthansa avait également modifié la date de mon billet probablement parce que les deux billets étaient sur le même numéro de réservation. Par chance il restait des places disponibles sur chacun des 3 vols réservés initialement avec Lufthansa.

Nous avons quitté Almaty vers 2H15, et avons fait escale comme prévu à Astana. Les passagers sont demeurés à bord de l’appareil durant l’arrêt, et c’est à ce moment que j’ai décidé de prendre une gravol pour m’aider à dormir. J’étais très fatigué, et étant donné que près de 24 heures me séparaient encore de ma destination finale, il me fallait absolument dormir un peu. Vers 5H00, en vol vers Francfort, j’ai eu droit à de bonnes pouffées de chaleur. J’ai alors décidé de marcher et de me rendre dans une toilette pour me rafraîchir. L’effet combiné de ma fatigue et de la gravol a été terrible, puisqu’à 2 reprises je me suis endormi debout et je me suis affaissé sur le plancher. De retour à mon siège, j’ai finalement dormi près de 3 heures d’un sommeil léger.

L’aéroport de Francfort n’étant pas très convivial pour les passagers en transit, il ne faut pas hésiter à partager les rares sièges disponibles. Ainsi je me suis retrouvé près de 2 dames, qui m’ont demandé si j’habitais les États-Unis, car je feuilletais à ce moment-là le USA Today. La discussion s’est alors enclenchée. Celles-ci provenaient du Delaware et du Tennessee, et s’en allaient en pèlerinage à Medjugorje en Bosnie-Herzégovine, petit village où il y a des apparitions de la Vierge Marie depuis 1981. Ces deux dames ont été impressionnées par notre histoire d’adoption et m’ont promis qu’elles prieraient pour nous à Medjugorje. De plus elles ont ajouté le nom de « Bébé Emma et ses parents » à une liste servant d’aide mémoire.

Sur le vol Francfort/Montréal j’étais assis à côté d’une dame avec laquelle j’ai discuté un peu. Celle-ci m’a demandé si j’avais une photo d’Emma. Malheureusement les seules photos en ma possession étaient sur une clé USB. Celle-ci m’a alors proposé de les regarder sur son ordinateur portable, ce que j’ai accepté avec empressement. Je dois vous avouer que j’ai grandement apprécié revoir ces photos de notre fille.

Arrivé à Montréal avec un peu de retard, il ne restait qu’une heure pour attraper le prochain vol, et franchir les étapes des douanes, de la récupération des bagages, de remettre les bagages en correspondance et de passer la sécurité. Lorsqu’il est venu le temps de remettre les bagages en correspondance il y avait une file d’une trentaine de personnes avec une seule commis au comptoir. Étant donné que mon bagage était déjà identifié pour sa destination finale via le vol de 14H00, j’ai alors imité 3 autres voyageurs et j’ai placé ma valise directement sur le convoyeur des correspondances derrière le comptoir en contournant la file. La commis n’a pas vraiment apprécié. J’ai ignoré ses commentaires et dès que ma valise a été hors de vue, j’ai filé vers la sécurité. Finalement je suis arrivé à ma porte d’embarquement une quinzaine de minutes avant le départ, au moment où l’embarquement se terminait. Une heure plus tard ma valise et moi arrivions à Québec!

Arrivé chez moi, j’ai contacté l’Agence et je me suis dépêché à remplir une nouvelle demande de visa dans le but de repartir pour le Kazakhstan le 6 mai prochain, soit dans 9 jours ouvrables. Je suis finalement arrivé au bureau de poste à 16H55, ce qui m’a permis d’expédier ma demande de visa par poste express le jour même (car avant 17H00!!!). Ainsi l’Agence devrait recevoir ma demande dès demain, pour ensuite l’expédier à l’Ambassade du Kazakhstan à Toronto.

Exténué j’ai finalement retrouvé mon lit en début de soirée, soit 45 heures après avoir quitté Hélène et Emma à Uralsk.

Éric

mercredi 22 avril 2009

Le départ

Ce matin, une belle neige recouvre le sol à Uralsk, et nous espérons qu'elle ne viendra pas compliquer le départ.

J’ai quitté l’appartement comme prévu à 8H00. De son côté Emma n'a pas daigné se réveiller pour me saluer avant mon départ. Mademoiselle aurait pu choisir une autre journée pour faire la grasse matinée pour la première fois. En fait elle s'est réveillée à 9H30, difficile à croire n'est-ce pas?

Pour ma part, pas besoin de vous dire que le départ pour le Canada a été difficile. On se sent vraiment bizarre de refermer la porte de l'appartement, en sachant que derrière celle-ci vous laissez votre conjointe et votre enfant. Durant le voyage j'y ai repensé à maintes reprises en me demandant si je ne devais pas rebrousser chemin. Mais il faut savoir assumer ses décisions, et dans les circonstances c'était probablement la meilleure chose à faire.

La neige avait disparu sur la piste de l'aéroport d'Uralsk pour le décollage. Encore une fois la piste m'a semblé excessivement raboteuse lors du décollage. C'est incroyable comment l'avion peut vibrer jusqu'au moment où les roues cessent de toucher le sol. Je suis persuadé que Bébé-Emma sera inconsolable lorsque l'avion s'élancera de nouveau sur cette piste pour son baptême de l'air.

Arrivé à Almaty en début PM, la coordonnatrice Sveta m'a accueilli et m'a conduit à un appartement au centre-ville. J'avais demandé de rester à l'hôtel mais semble-t-il qu'il ne restait plus rien d'abordable... Par la suite j'ai fait une petite épicerie pour combler mes besoins en nourriture pour quelques heures. En PM j'en ai profité pour marcher au centre-ville sur une grande avenue piétonnière, et l'endroit m'a paru très correct. En tout début de soirée j'ai essayé de dormir en prévision de la nuit difficile à venir, mais peine perdue. À 23H15 j'ai quitté vers l'aéroport avec Léonid qui ne parle pas anglais, et encore moins le français. C'était également celui-ci qui nous avait conduits lors de notre arrivée au Kazakhstan. Le langage des signes a encore une fois été bien utile!

Éric

Préparatifs pour le départ de papa

Voici le texte du 21 avril. Désolé du délai de parution, l’internet kazakh n’était pas fonctionnel hier.

Aujourd’hui je m’apprête à laisser Maman Hélène et Bébé-Emma seules pour 2 semaines et demie. Même avec quelques commodités manquantes, Maman Hélène est prête à relever le défi! Je la trouve fort courageuse de rester seule ici. En cas de problèmes le «9-1-1» kazakh sera le cellulaire d’Elvira.

Pour ma part je quitte l’appartement demain matin à 8H00. Mon vol arrivera à Almaty en début PM. Par la suite je devrai attendre près de 13 heures pour prendre le vol suivant. Ainsi le 23 avril je quitterai Almaty à 2H15 en direction de Francfort avec une escale à Astana. Par la suite départ de Francfort à 10H00 à destination de Montréal. Et finalement avec l’aide du décalage horaire je serai à Québec en après-midi le 23.

Je reviendrai à Uralsk le 8 mai afin de participer au grand voyage de retour au Canada en compagnie d’Hélène et d’Emma.

De son côté Bébé-Emma se porte bien, et son rhume disparaît tranquillement. Étant donné qu’on ne peut pas ajuster la température de l’appartement, on demeure prudent car l’appartement s’est rafraîchi avec la baisse de la température qui accompagne le temps maussade à l’extérieur. Et chose importante à mentionner, Emma tente maintenant de ramper à reculons!

Étant donné que les prochaines semaines seront très occupées autant pour Hélène que pour moi, la fréquence des parutions sur le blog sera nécessairement moindre. Hélène lira avec beaucoup d’intérêts tous les courriels que vous lui ferez parvenir durant mon absence. Ainsi n’hésitez pas à lui écrire à hpec@live.ca, car vous conviendrez que ce n’est pas une situation rêvée que de se retrouver seule avec un jeune bébé à 10,000KM de la maison.

À bientôt!

HPEC et BB-Emma

lundi 20 avril 2009

Lentement mais sûrement!

Après une chute importante de la température, il a neigé sur Uralsk ce matin. La neige fond au sol, mais demeure sur les arbres. Au moment d’écrire ces lignes il y a de fortes bourrasques de vent et un blizzard de neige à l’extérieur, ce qui est très inhabituel à ce temps de l’année. La nuit derrière nous avons également eu de la pluie, ce qui a nécessairement contribué au retour de notre environnement boueux!

Depuis notre arrivée à Uralsk, Emma a fait des progrès significatifs. Suite au cours «biberon 201» que Maman lui a prodigué, Bébé-Emma tient seule son biberon depuis hier, et soyez assurés qu’elle sait quoi faire avec celui-ci depuis qu’elle a pris le contrôle. Sur sa grande couverture au centre du salon, elle s’est positionnée à quatre pattes à quelques reprises. Elle fait aussi occasionnellement des séances de demi «push-up». On la voit également, lorsqu’elle est couchée sur le côté, se redresser en s’appuyant sur un seul bras. Elle ne rampe toujours pas, mais se déplace aux quatre coins de sa couverture en se roulant et en se tortillant.

Bébé-Emma manifeste à l’occasion son impatience et ce surtout lorsqu’elle est fatiguée. Elle bouge beaucoup et réclame souvent de changer de position. Une fois qu’elle comprendra la technique pour se tenir assise, nous espérons qu’en étant plus autonome, cela contribuera à la rendre plus patiente. Signe de fatigue, Mademoiselle nous fait bien rire lorsqu’elle se frotte énergiquement son visage sur sa couverture ou contre nous.

Conséquence probable de son séjour à l’orphelinat, Emma semble résignée au moment des couchers. Elle manifeste son désaccord en pleurnichant un peu, mais se console seule sans même essayer de se retourner. Lors de son réveil, sa résignation se manifeste différemment car elle attend calmement sans pleurer que quelqu’un vienne la chercher.

Finalement Bébé-Emma manifeste toujours des signes d’insécurité. En plus de son sommeil léger, elle est très sensible au moindre bruit. Elle se retourne brusquement, et parfois sursaute, lorsqu’elle entend un robinet qui coule, une porte qui se referme, la laveuse qui s’arrête ou tout autre bruit que l’on entend normalement dans une maison.


Dans un ordre idée, une lectrice ayant séjourné à Uralsk nous a confirmé avoir remarqué également que les visages des habitants du Kazakhstan étaient effectivement tristes et sérieux. Toutefois contrairement à ce que je vous mentionnais hier, la plupart des gens avec qui elle a discuté, croient que le climat était meilleur à l’époque de l’URSS. Selon ceux-ci, l’enrichissement provenant du développement économique bénéficie à une minorité de personne. En conclusion, que les gens soient favorables ou non au nouveau régime politique, il règne un climat de morosité parmi les habitants de ce pays.

Par ailleurs, nos armoires de cuisine ne sont toujours pas réinstallées. Et en parlant de cuisine, on s’ennuie de nos repas du Québec. Notre alimentation est correcte mais peu variée, car on fait attention pour éviter des problèmes de santé. Les pâtes, le poulet, le bœuf et les légumes congelés reviennent souvent au menu. Pour ce qui est des viandes, nos achats proviennent des comptoirs réfrigérés du supermarché, car les étalages de viande à l’air ambiant des épiceries nous inspirent guère confiance. De plus étant donné que nous sommes en territoire musulman on ne retrouve pas de porc dans les épiceries. Pour ce qui est du poulet, rien à voir avec du Exceldor! Chose étonnante, il n’y a pas de pain tranché au supermarché. De plus on ne voit pas de mets préparés dans les comptoirs, car selon la culture kazakh les aliments sont surtout préparés à la maison.

Bonne journée à tous nos lecteurs!

HPEC & BB-MA

dimanche 19 avril 2009

Se promener à Uralsk

L’adaptation se poursuit. La problématique à résoudre se situe au niveau des siestes de Bébé-Emma. La dernière nuit a été satisfaisante à l’image de la précédente. Toutefois les siestes de la journée sont beaucoup trop courtes. Après une demi-heure de dodo, Mademoiselle se réveille de bonne humeur, enthousiasme à l’idée de passer du bon temps avec ses nouveaux parents. Et là pas question de dormir davantage car il y a trop de choses à découvrir. Toutefois comme de raison la fatigue la rattrape rapidement.

Dans l’ensemble on croit avoir un bon bébé et on se considère choyés de l’acclimatation rapide d’Emma à nos côtés. On aimerait bien savoir ce qui se passe entre ses deux petites oreilles, mais il est certain qu’elle perçoit une différence significative entre la vie à l’orphelinat et la vie avec ses nouveaux parents. Bébé-Emma réalise sûrement qu’elle reçoit beaucoup plus d’attention et d’affection maintenant. Nous sommes également persuadés qu’elle perçoit que son nouvel environnement est beaucoup plus calme et moins bruyant. En effet à l’orphelinat il devait y avoir un bruit de fond constant généré par tous les enfants de son groupe. Même si nos tests auditifs avaient été concluants lors de nos premières visites à l’orphelinat, elle réagit maintenant beaucoup plus promptement lorsqu’elle entend différents bruits. Nous croyons parfois qu’il existe une interrelation entre ses difficultés de sommeil et son nouvel environnement sonore.

Lorsque l’on se promène à Uralsk, on se fait souvent dévisager par les passants. Emma attire bien des regards, et à l’occasion nous avons droit à de beaux sourires. Toutefois la plupart des visages que nous croisons restent froids et impassibles. Malgré que la majorité des kazakhs perçoivent mal l’adoption internationale, il faut également préciser que le peuple kazakh est généralement peu souriant, et ce surtout pour les générations qui ont vécu sous le régime de l’union soviétique.

Avant que le Kazakhstan obtienne son indépendance en 1991, il n’y avait pas de services d’eau, d’électricité et de gaz naturel pour les maisons à Uralsk. Elvira nous a expliqué que les maisons de l’époque étaient conçues avec des murs à double paroi, de façon à ce que la chaleur du feu se répande entre les parois pour ainsi chauffer l’ensemble de la maison. Il existe encore de ces maisons aujourd’hui et elles sont habitées soit par des gens plus âgés qui ne veulent pas suivre le progrès ou par des gens plus pauvres.

Cela n’empêche pas que l’on se faisait dévisager dans les rues d’Uralsk dès notre arrivée. Puisque nous sommes à proximité de la Russie et étant donné qu’une partie de la population d’Uralsk est d’origine caucasienne, on aurait pensé passer un peu plus inaperçu. C’est possiblement à cause de nos verres fumés, car peu d’adultes en portent ici. Toutefois on voit beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes portant d’immenses lunettes fumées pour suivre la mode. Ou bien est-ce à cause de mes cheveux blancs, car les têtes blanches semblent plutôt rares par ici. Finalement Elvira croit que c’est l’apparence d’Hélène qui est en cause puisqu’elle ressemble davantage à une européenne qu’à une résidente d’Uralsk.

Malgré que les gens semblent austères, cela n’empêche pas que les personnes que nous avons côtoyées étaient sympathiques et bien attentionnées à notre égard. Les kazakhs sont également très fiers. Généralement les gens que l’on croise sur le trottoir sont bien habillés, et soucieux de leur apparence. Parmi les habitudes vestimentaires des kazakhs, on peut remarquer qu’il y a très peu de jeans et qu’il est exceptionnel de voir des espadrilles. En contrepartie, les femmes portent surtout des souliers et bottes à talons hauts.

Alors Emma, lorsque tu seras en âge de lire ce blog, sois assurée que tu peux être fière de ton peuple d’origine.

À demain!

HPEC & Emma Victoria

samedi 18 avril 2009

L'adaptation se poursuit

Exténuée de sa journée d’hier Bébé-Emma a dormi comme un ange de 20H00 à 23H00, avant de prendre un bon biberon de lait. De retour au lit à 23H30, Mademoiselle nous a fait la jasette avant de s’endormir… méchante différence avec la nuit précédente! Étonnamment elle a ensuite fait une bonne nuit, et lors de son réveil à 6H45 elle était d’excellente humeur et gazouillait dans sa couchette. On se croise les doigts pour que la prochaine nuit soit aussi bonne.

Pour ses deux premiers dodos de la journée Emma nous a étonnés puisqu’elle a bien dormi et qu’elle s’est réveillé de fort bonne humeur. Elle a fait sa sieste de fin d’après-midi dans nos bras lors d’une grande marche jusqu’au centre d’achats à 3 étages. Brûlée de sa fin de journée, le dodo de soirée a débuté vers 19H30, mais elle a paniqué en plein sommeil une quinzaine de minutes plus tard. Malheureusement son insécurité ne disparaîtra comme par enchantement du jour au lendemain.

Du côté de l’organisation, on se débrouille mieux également. En plus de notre super terrain de jeux au centre du salon, nous utilisons un porte-bébé ventral pour nos marches à l’extérieur et nous avons transformé une marchette en chaise «basse» en lui enlevant les roues, ce qui facilite grandement l’heure des repas. Merci encore aux parents adoptants qui ont laissé ces articles à Uralsk. Une petite parenthèse sur les marchettes pour bébés : Alors qu’elles ont été bannies au Québec, ici au Kazakhstan elles sont recommandées pour les jeunes enfants. D’ailleurs nous en avons vu plusieurs à l’orphelinat.

Voici maintenant chers lecteurs quelques réponses à vos nombreuses questions:

- Emma est née le 13 septembre 2008. Elle a eu 7 mois lundi dernier.

- Toutes nos conversations avec Elvira se font en anglais. En plus de l’anglais, Elvira parle le russe, le kazakh et elle se débrouille en allemand. Nous croyons également qu’elle commence à comprendre quelques mots de français.

- Par ailleurs, il n’y a personne qui parle français dans cette contrée lointaine. Et pour l’anglais, ce n’est pas beaucoup mieux. Quelques rares personnes ont utilisé quelques mots d’anglais lors de nos sorties au restaurant ou lors de nos séances de magasinage. Mais généralement nous utilisons le langage universel des signes pour se faire comprendre.

- Et bien non Maude nous n’avons pas fait de réserve de thé pour l’arrivée de Bébé-Emma à l’appartement. En réalité Maman Hélène a banni ce breuvage de l’alimentation d’Emma, et cette dernière ne semble pas en souffrir!

- A défaut d’avoir validé avec une balance, on ne peut pas vous confirmer si nous avons perdu du poids. Par contre on peut vous affirmer sans l’ombre d’un doute que nous n’avons pas engraissé.

- Normalement la durée moyenne d’un processus d’adoption à Uralsk est de 8 semaines. Étant donné que le juge a tenu nos audiences en pré-cour et en cour très rapidement, et que nous avons été en mesure de nous rendre au bureau des passeports dès le lendemain, nous nous estimons chanceux et croyons avoir sauvé une semaine. Ainsi si tout se déroule bien, et que Bébé-Emma arrive au Canada le 10 mai, alors notre voyage aura duré exactement 7 semaines.

- Finalement certains lecteurs perspicaces veulent savoir pourquoi nous avons sorti Bébé-Emma aussi rapidement de l’orphelinat, alors que nous avions initialement planifié de faire un second voyage pour venir la chercher lorsque les papiers seraient prêts. Après plusieurs discussions et une longue réflexion nous arrivions toujours à la même conclusion : on trouvait tout simplement que ça ne faisait pas de sens de laisser notre fille dans un orphelinat! Ainsi après avoir préalablement obtenu l’autorisation de Catherine, Maman a pris la courageuse décision de rester ici et de prendre soin d’Emma.

Pour ma part je vais rentrer au Canada selon l’horaire initial, et je reviendrai au Kazakhstan dans 2 semaines pour prendre part au grand voyage de retour. D’ailleurs une permission pour mon retour au travail faisait partie d’une requête soumise au juge plus tôt cette semaine. Étant donné qu’il n’y a pas d’autres familles du Canada en ce moment à Uralsk, je dois avouer que j’hésite à laisser Hélène et Emma. Par contre Elvira a promis de veiller sur Hélène. Par ailleurs M. Parent, j’espère que vous ne m'en voudrez pas trop d'avoir laissé votre fille seule à Uralsk avec un jeune bébé…

À demain

HPEC & Bébé-Emma

vendredi 17 avril 2009

L'adaptation

Lorsqu’on parle d’adaptation, ce n’est pas seulement pour Bébé-Emma, mais c’est également pour les nouveaux parents! Bébé-Emma va bien et est généralement de bonne humeur. En plus de nous gâter de ses plus beaux sourires, Mademoiselle mange bien, progresse dans son cours de «rampage» 101, adore l’heure du bain et nous démontre parfois qu’elle a de l’énergie à revendre. Toutefois pour ce qui est des dodos, il y a place à améliorations...

Bébé-Emma ne dort pas suffisamment. Lorsqu’on la dépose dans sa couchette pour ses siestes de la journée, elle pleurniche pendant près d’une minute et s’endort assez rapidement. Le problème est qu’à chaque fois Mademoiselle se réveille environ une demi-heure plus tard en panique. Elle pleure fortement et sa respiration devient extrêmement rapide. Au bout de quelques minutes lorsqu’elle a repris ses esprits dans les bras de Maman, elle nous offre ses plus beaux sourires. Par la suite, il n’est pas question bien sûr de retourner au lit… et papa a appris la leçon en début PM! Même si Bébé-Emma est d’agréable compagnie, il vient un temps où le manque de sommeil se fait sentir, et ce n’est qu’à ce moment qu’on peut la retourner au lit, et ce pour la prochaine demi-heure!!!

Mais que se passe-t-il dans sa petite tête? Pourquoi fait-elle des cauchemars? Elle imagine peut-être que nous ne serons pas là à son réveil, comme se fut le cas à chaque journée de la période d’attachement? Peut-être que le bruit et les pleurs des autres enfants à l’orphelinat étaient une source de sécurité, et qu’elle est déstabilisée par le calme de l’appartement? Chose certaine Bébé-Emma traverse une phase d’insécurité. Il faut mentionner qu’à une occasion hier, elle s’est rendue au bout de son sommeil, et Bébé-Emma était alors souriante et reposée à son réveil.

La nuit dernière a été courte. Bébé-Emma a pris son biberon de fin de soirée à 23H30, elle a succombé au sommeil vers 1H00, et ce matin la journée a débuté vers 6H45. Rien de dramatique, mais on espère sécuriser Emma rapidement de façon à améliorer la routine des dodos.

Cet après-midi, Elvira nous a accompagnés chez le photographe pour prendre la photo format passeport d’Emma. Celle-ci sera envoyée avec notre dossier à l’ambassade canadienne de Moscou pour obtenir le visa de facilitation requis pour son entrée au Canada. Nous avons également complété la partie 2 de la demande de citoyenneté canadienne qui sera également envoyée à Moscou. Nous avons terminé l’après-midi par une petite marche dehors en famille jusqu’au dépanneur.

Le bureau des passeports a confirmé à Elvira que le passeport kazakh d’Emma sera prêt le 29 avril. Ainsi si tout se déroule bien, Emma Victoria quittera possiblement le Kazakhstan le 10 mai prochain. Ce serait une belle date, n’est-ce pas Monsieur Gagnon?

La semaine ayant été riche en événements, nous avons fait relâche ces derniers jours pour le «quiz Elvira» malgré votre insistance chers lecteurs. Étant donné que nous avons une gagnante, je vais vous épargner de nouveaux indices. En effet c’est ma sœur préférée qui a très rapidement trouvé la réponse à la dernière question. Et oui, Elvira désire exercer la profession de «juge». Bravo Maude! Bon maintenant j’ai le regret de vous annoncer que suite à un décret de Maman Hélène, les quiz à Éric seront définitivement retirés des futures publications de ce blog. Snif! Snif!
À la lecture de vos courriels d’encouragements et de félicitations, nous y avons perçu une pointe d’impatience pour découvrir le visage qui se cache derrière le prénom Emma Victoria. Alors nous cédons à la pression populaire, et nous vous dévoilons aujourd’hui une photo de Bébé-Emma prise sur le chemin du retour après sa sortie de l’orphelinat.


Bonne nuit!

HPEC & BB-MA

jeudi 16 avril 2009

Départ de l'orphelinat

Quelle journée! Nous avons vécu des moments inoubliables aujourd’hui. Ces moments furent riches en émotions, puisqu’une page de la jeune histoire de la vie d’Emma Victoria vient de se tourner aujourd’hui. Il faut avouer que c’est quand même assez émouvante de franchir la porte d’un orphelinat avec un enfant dans les bras, et de laisser derrière elle des souvenirs que seules quelques photos pourront un jour témoigner de cette étape de sa vie.

Il est difficile de trouver les mots justes pour vous exprimer les émotions vécues aujourd’hui, alors chers lecteurs voici le récit chronologique de la journée, ce qui vous permettra de mieux vous imprégner de cette succession d’événements :

7H15 : Maman termine les derniers préparatifs pour l’arrivée de Bébé-Emma, et stérilise les biberons et les suces;

7H30 : Papa prépare les bagages et rassemble les cadeaux à distribuer;

7H50 : C’est le départ pour l’orphelinat, et nous faisons un détour pour prendre la travailleuse sociale;

8H15 : Arrivée à l’orphelinat; nous remettons immédiatement les vêtements propres à la nounou pour habiller Bébé-Emma;

8H18 : Une autre nounou arrive en catastrophe, et nous explique tout essoufflée que Aru était sa «fille adoptive» à l’orphelinat; Elle ne voulait pas rater la sortie de sa protégée!

8H20 : Toute pimpante Emma est remise dans les bras d’Hélène; Une séance de photos avec les deux nounous s’en suit; Et par la suite on enfile à Emma son petit ensemble rose avec de petites oreilles pour sa sortie de l’orphelinat;

8H25 : Les adieux avec les nounous ont été particulièrement chargés en émotions; même si nous avons eu peu de contacts avec celles-ci tout au long du processus, c’était quand même assez étonnant de voir l’attachement qu’elles démontraient pour Emma;

8H30 : Nous signons le registre de sortie de l’orphelinat dans le bureau de la directrice sous l’œil vigilant de la travailleuse sociale. Contrairement à notre première visite à l’orphelinat, cette fois-ci la directrice de l’orphelinat semblait chaleureuse et bien intentionnée. Après leur avoir remis un petit cadeau à chacune, nous procédons à une séance de photos en compagnie de la directrice avec comme décor de fond le drapeau de Kazakhstan. La directrice nous a également fait part de ses meilleurs vœux de bonheur, et nous a fait promettre de lui faire parvenir des photos. Avant de quitter l’orphelinat, nous laissons également un petit cadeau pour le docteur qui était absent à ce moment.

8H45 : Le moment tant attendu de franchir officiellement la porte de l’orphelinat est enfin arrivé. Devant la porte, face à un soleil aveuglant, nous prenons quelques photos pour immortaliser ce moment qui restera à jamais gravé dans nos esprits;

8H55 : Bébé-Emma se comporte très bien en auto. Elle observe beaucoup, et commence à découvrir un nouveau monde. Nous laissons la travailleuse sociale en chemin, et nous lui faisons nos adieux;

9H00 : Nous passons au bureau du registraire pour y recueillir le certificat de naissance et le certificat d’adoption d’Emma. Ses documents sont nécessaires pour la demande de passeports. Nous signons également un document rédigé en russe… probablement un accusé de réception???

9H30 : Nous arrivons à l’appartement. Signe d’inquiétude, Bébé-Emma respire très rapidement à son arrivée. Une fois son ensemble de sortie extérieure retirée, elle se calme rapidement, et Bébé-Emma découvre notre merveilleuse résidence secondaire. Wow! C’est le gros luxe comparativement à l’orphelinat!!!

9H45 : Maman se débrouille à merveille avec les instructions russes pour lui préparer son premier biberon;

10H00 : Maman lui donne son premier biberon, et Bébé-Emma semble apprécier et ne montre pas de signe d’impatience lorsque Maman décide de faire de petites poses;

10H15 : Papa fait une tentative infructueuse en mettant Bébé-Emma dans sa couchette pour le dodo du matin. En fait selon l’horaire de l’orphelinat, elle dort normalement de 8H00 à 10H00 le matin. Maman prend alors Emma pour la consoler, et après une dizaine de minutes elle s’endort dans ses bras. C’est la première fois que l’on voit ses petits yeux fermés!

10H40 : Après un petit dodo de 15 minutes dans les bras de maman, celle-ci la dépose dans sa couchette. Bébé-Emma s’aperçoit rapidement du stratagème, et manifeste aussitôt et fortement son insatisfaction;

10H45 : Elvira nous appelle et nous propose de se rendre au bureau des passeports en matinée plutôt qu’en après-midi, ce qui nous convient puisque Bébé refuse de succomber au sommeil!

10H50 : Premier changement de couche. Et bien oui, c’est confirmée… c’est une fille!!! Maman est soulagée!

11H15 : Nous arrêtons signer des documents chez le notaire;

11H30 : Nous arrivons au bureau des passeports; Tout d’abord il faut prendre la photo, et comme au Canada il ne faut pas sourire et les deux oreilles doivent être visibles. Imaginez le coefficient de difficulté que cela représente pour un bébé qui regarde partout!!! Par la suite c’est l’attente. Malgré que Bébé-Emma est fatiguée, celle-ci est calme et observe tout ce qui bouge. A 12H00 tapant, ce qui correspond à l’heure de son deuxième dodo à l’orphelinat, elle s’endort dans les bras de Maman. A 12H30 Emma se réveille peu avant que notre numéro soit annoncé (#258 – 5ième des 12 guichets), et Elvira dépose la demande accélérée pour obtenir le passeport kazakh de Emma. Elvira reviendra demain pour connaître le délai pour obtenir celui-ci;

13H00 : De retour à l’appartement, Bébé-Emma est visiblement fatiguée, quoique très calme. À 13H15, Hélène la dépose dans sa couchette, et après avoir pleurniché pendant deux courtes minutes, Bébé-Emma s’endort;

14H30 : Bébé-Emma se réveille en panique. Probablement qu’elle ne reconnaît pas ce qui l’entoure. Maman la console, et le sourire revient rapidement lorsqu’elle voit son papa devant son ordinateur;

14H45 : C’est l’heure du deuxième lunch. Mademoiselle prend son biberon calmement, et par la suite elle joue avec ses jouets au centre du salon où Hélène a placé sa couverture bleue par dessus une couette;

15h45 : Premier repas de purée pour bébé (patate et bœuf). Malgré que le goût lui semblait inconnu, de toute évidence ce n’était pas la première fois que Bébé-Emma voyait une cuillère… Avoir pu nourrir Emma, ou du moins assister à un de ces repas à l’orphelinat, nous aurait aidés à mieux évaluer ses besoins alimentaires. L’orphelinat nous a toutefois remis son horaire de la journée incluant ce qu’elle prend à chacun de ses repas;

16H45 : Maman Hélène dépose Bébé-Emma dans sa couchette pour un nouveau dodo. Après moins de 30 secondes de pleurnichage, elle se calme et s’endort;

17H20 : En passant près de la couchette de Bébé-Emma, Maman a eu droit à de beaux sourires. Le dodo était terminé!

18H00 : Nous sommes de retour à l’orphelinat pour la sixième et dernière injection d’antibiotiques pour son rhume. Mademoiselle savait ce qui l’attendait en pénétrant dans l’infirmerie et elle nous l’a fait savoir! De même elle n’a pas du tout apprécié se faire déculotter pour recevoir cette piqure. Elle était inconsolable! Nous espérons bien ne plus remettre les pieds dans cet établissement. Par contre la directrice et le personnel de l’orphelinat nous ont manifesté leur inquiétude de voir Emma quitter avec ce rhume. Ils nous demandent de revenir consulter le docteur de l’orphelinat si l’état de santé de Bébé ne s’améliore pas. Nous sommes un peu inquiets pour Emma, mais je dois avouer que nous sommes à la fois rassurés et étonnés de ce service! D’ailleurs ceci confirme que les enfants sont bien traités à l’orphelinat, et c’est effectivement ce que nous avons constaté au cours des dernières semaines.

18H20 : Lors de notre départ de l’orphelinat, une ambulance s’apprêtait à quitter avec un jeune bébé qu’une infirmière de l’orphelinat venait de remettre aux ambulanciers. Cette scène nous a attristés, de voir un enfant partir pour l’hôpital sans personne à ses côtés.

18H30 : Bébé-Emma a retrouvé sa bonne humeur et avale un bon biberon.

19H00 : Emma joue tranquillement dans le salon, alors que maman et papa s’installent près d’elle pour prendre leur souper.

19H30 : L’heure du bain. À voir l’expression de son visage, Bébé-Emma devait être habituée à une méthode différente pour faire sa toilette. Elle a semblé apprécier son expérience.

20H00 : Conformément à l’horaire de l’orphelinat, Maman Hélène couche Bébé-Emma pour un petit dodo avant son boire de 22H00. Bébé s’endort presqu’immédiatement.

20H30 : Après quelques pleurs sporadiques durant son sommeil, Bébé-Emma se réveille en panique, désorientée et très inquiète. En plus de se retrouver dans un nouveau milieu, l’effet des antibiotiques contribue peut-être à nuire à son sommeil. Maman console sa fille et celle-ci retrouve sa bonne humeur.

23H00 : Bébé dort depuis près de 75 minutes, et nous la réveillerons bientôt pour lui donner son biberon. Étant donné que Bébé n’a pas vraiment bien dormi aujourd’hui, nous anticipons une nuit difficile.

Comme vous avez pu le constater à la lecture de ces événements, ce fut une journée de premières… premier biberon, premier dodo, premier bain, premier… Dans l’ensemble nous sommes très satisfaits du déroulement de notre première journée avec Emma. Il reste à voir maintenant comment se déroulera la première nuit. En terminant, je dois dire que tel qu’anticipé Maman Hélène a dirigé les opérations de main de maître. Bravo Hélène!

À demain!

HPEC et Emma Victoria

mercredi 15 avril 2009

Audience en cour

Superbe début de journée sur Uralsk! Tout d’abord après 2 semaines de temps froid, le beau temps est de retour. Également quoi de mieux que de lire vos nombreux courriels d’encouragement à l’aube de cette journée décisive! C’est un merveilleux stimulant de vous savoir avec nous dans ces moments déterminants!

Tel que prévu, nous sommes arrivés à la cour pour 10H00, et quelques minutes plus tard nous nous sommes installés dans le bureau du juge. Pour l’occasion en plus d’Hélène et moi, les personnes suivantes étaient présentes : la directrice de l’orphelinat, la travailleuse sociale, une représentante du bureau du registraire, la procureure de la Couronne, notre interprète Elvira, et une secrétaire juridique. Lorsque tous furent installés, nous nous sommes levés pour accueillir l’honorable juge qui a présidé notre audience. Celui-ci revêtu de sa toge a alors fait son entrée par une porte adjacente à son bureau. Très protocolaire cette audience! À chaque fois qu’une personne s’adresse au juge, elle doit se lever pour prendre la parole. Le juge a d’abord présenté les intervenants, il a ensuite expliqué l’objet de l’audience et certains concepts de la législation kazakh, et il nous a également lu nos droits.

Par la suite j’ai tenté d’être aussi convaincant que possible dans mon exposé devant la cour. J’ai donc présenté notre demande d’adoption, ainsi qu’une requête de rapatriement accéléré au Canada et une requête de changement de nom. À chaque phrase, je m’arrêtais pour permettre à Elvira de traduire en russe, ce qui me laissait le temps de jeter un coup d’œil à mon texte avant de poursuivre. À la fin de ma présentation, le juge m’a posé une série de questions pour mieux cerner nos motivations.

Par la suite le moment culminant de la séance est arrivé lorsque le juge a demandé à Hélène si elle était en accord avec mes propos. Hélène a alors répondu : « I completely agree with him.» Ces paroles resteront gravées pour toujours dans ma mémoire!!! Hélène tient à préciser qu’elle ne faisait que réciter les paroles prévues au protocole… Par la suite Hélène a également répondu à quelques questions du juge et de la procureure de la couronne.

Finalement ce fut au tour de la directrice de l’orphelinat, de la travailleuse sociale et de la représentante du bureau du registraire de faire leur exposé. Elles ont entre autres mentionné que notre période d’attachement c’était très bien déroulée. Nous avons grandement apprécié que leurs rapports soient favorables à notre égard, mais il faut quand même avouer que c’était troublant d’écouter la représentante du bureau du registraire expliquer que la mère biologique avait renoncé à tous ces droits sur l’enfant.

Ensuite la législation kazakh prévoit un temps pour les débats. J’y ai de nouveau présenté nos requêtes de rapatriement accéléré et de changement de nom. Toutes les parties présentes, incluant la procureure de la couronne, ont indiqué au juge à tour de rôle, qu’elles étaient favorables à notre demande d’adoption ainsi qu’à nos requêtes, et que cela était dans le meilleur intérêt de l’enfant. Le juge nous a ensuite demandé de nous retirer avant de rendre de sa décision. À notre étonnement les autres intervenants ont tous quitté à ce moment.

Environ cinq minutes plus tard, Elvira, Hélène et moi avons pénétré de nouveau dans le bureau du juge. Suivant le protocole celui-ci est une fois de plus entré par la porte adjacente. Vers 11H15, heure du Kazakhstan, ce mercredi 15 avril 2009, le juge a alors procédé à la lecture du jugement, et il a accueilli favorablement notre demande d’adoption ainsi que nos deux requêtes. Après une si longue attente, pour notre plus grand bonheur, notre souhait était enfin exhaussé!!! Et ce qui est sûrement le plus important, Emma Victoria a maintenant des parents pour s’occuper d’elle, veiller à son éducation, de même que pour l’accompagner et la guider dans la vie.

Maintenant c’est la course, car demain c’est le grand jour. En effet Mademoiselle Emma quitte l’orphelinat demain matin à 8H00 pour venir habiter notre résidence secondaire à Uralsk. Donc nous avons profité du début de l’après-midi pour faire les achats de dernières minutes : Aliments pour bébé et emballages pour les cadeaux à remettre à l’orphelinat demain matin.

À 15H20 nous avons rendu visite à Emma pour une dernière fois dans la salle de rencontres de l’orphelinat. Nous lui avons fait connaître la décision du juge, ce qui n’a pas semblé l’émouvoir outre mesure! Bébé-Emma était particulièrement fatiguée aujourd’hui. On nous a expliqué qu’elle avait reçu une injection d’antibiotique ce matin pour son rhume, et qu’il lui restait 3 doses à recevoir : 18H00 ce soir, 6H00 demain matin et retour à l’orphelinat à 18H00 en fin de journée demain pour la dernière dose.

Durant ce temps Elvira a avisé le bureau du registraire qu’elle y déposerait notre jugement en fin de journée, et comme prévu elle a obtenu la copie du jugement de la cour vers 15H30.

Au retour de l’orphelinat, Hélène et moi en avons profité pour prendre un dernier souper au restaurant avant l’arrivée de Bébé-Emma dans notre quotidien. La soirée est passablement active. Pendant qu’Éric se délie les doigts sur le clavier, Hélène se charge de l’emballage des cadeaux et des derniers préparatifs pour l’arrivée de Bébé-Emma.

Nous anticipons une journée très mouvementée et éprouvante pour demain. En effet, même si nous attendons ce moment depuis longtemps, et que nous avons vécu une période d’attachement, il ne faut pas s’attendre à ce que l’adaptation soit une partie de plaisir. Pour ma part, je fais pleinement confiance à Maman Hélène pour diriger les opérations dans nos premiers moments avec Bébé-Emma.


À demain!

HPEC et Bébé-Emma

mardi 14 avril 2009

Préparation pour la cour

Aujourd’hui je dois me préparer pour ma présentation en cour devant le juge. Selon la culture kazakh, c’est à l’homme de faire cette requête. Hélène trouve que ça fait plein de sens… Je devrai donc convaincre le juge d’accepter notre demande d’adoption, et pour y arriver je ferai un exposé en anglais (avec traduction simultanée en russe par Elvira) qui couvrira entre autres les points suivants :

- Quelles sont nos motivations pour adopter un enfant;
- Pourquoi avoir choisi le Kazakhstan;
- Quelle est notre situation familiale et financière;
- Il faut décrire brièvement notre résidence principale…, mais pas notre résidence secondaire!;
- Qui s’occupera de l’enfant en cas de décès ou d’inaptitude de ses nouveaux parents (Gilles et Nathalie, êtes-vous toujours prêt à relever ce défi si nécessaire?);
- Comment se déroulera l’intégration de l’enfant dans son nouveau milieu;
- Comment l’enfant sera-t-il accueilli et entouré par nos familles immédiates;
- Pourquoi avons-nous fait une requête accélérée de rapatriement au Canada;
- Il faut également présenter une requête de changement de nom pour l’enfant;

Lors de notre passage en pré-cour nous avons été impressionnés par la rigueur et le formalisme du processus. L’étape que nous franchirons demain sera déterminante pour notre vie future, de même que pour celle d’une petite fille nommée Aru qui deviendra, nous l’espérons, Emma Victoria. Je dois donc avouer que c’est assez stressant. Pour ajouter à la pression, imaginez un instant la réaction de future maman si je devais échouer dans mon unique et ultime tentative pour convaincre le juge que nous serons de bons parents et que nous subviendrons correctement aux besoins d’Emma!

Alors demain à 10H00, heure de Uralsk, nous débuterons cette étape cruciale de notre processus d’adoption. L’audience ne devrait pas durer plus de 1H30, et normalement le juge devrait rendre une décision peu de temps après la fin de l’audience.

Nos 2 visites à l’orphelinat ont été très agréables. Même si elle était encore congestionnée, Mademoiselle était très joyeuse. À son arrivée ce matin ses sourires étaient entrecoupés par un gros hoquet. Aussitôt Elvira s’est empressée de nous rapporter un biberon de thé chaud. Après quelques gorgées le hoquet avait disparu, et à notre grande surprise Bébé-Emma a bu que le quart de sa bouteille, ce qui est assez inhabituel avouons le!

En après-midi, Emma a eu droit à un cours de «rampage» 101… Voici quelques éléments pour vous aider à imaginer la scène : Tout d’abord je me place à plat ventre près d’Emma. Elle se retourne également à plat ventre pour m’imiter. Par la suite j’avance d’environ 30 centimètres en rampant à l’aide de mes avant-bras. Emma m’observe et se redresse sur ses bras. Je l’invite à me suivre. Elle nous sourit ou rit aux éclats, et elle se met en action. Elle se dandine quelques secondes en bougeant son bassin et ses jambes. Elle fait du surplace, et quelque fois elle part à la renverse, mais elle demeure calme et manifeste sa satisfaction. Nous avons répété ce petit manège à plusieurs reprises, et nous avons eu beaucoup de plaisir.

Bon bien, je retourne me pratiquer pour demain! J’oubliais… il n’y a pas de projecteur dans le bureau du juge, donc je ne pourrai pas lui préparer un montage sur power point…!

HPEC et Bébé-Emma

lundi 13 avril 2009

Audience en pré-cour

Malgré un peu de congestion occasionnée par son rhume, Emma était très agréable ce matin. Pour la stimuler nous avons déposé ses jouets à l’autre extrémité de la couverture, et Emma nous a surpris en exécutant quelques roulades de côté consécutives pour atteindre son but. Son synchronisme s’améliore également lorsqu’elle tente de frapper dans ses mains pour nous imiter. Par contre son équilibre pour demeurer en position assise nécessite encore beaucoup d’ajustements, mais ça viendra!

Tel que prévu, notre audience en pré-cour a eu lieu cet après-midi. Nous avons patienté quelques minutes, et la séance a débuté vers 15H20. Le juge, une secrétaire juridique, une représentante de l’orphelinat, la travailleuse sociale et Elvira étaient présents en plus d’Hélène et moi. Étant donné que l’adoption est un processus administratif les étapes de pré-cour et de la cour se déroulent directement dans le bureau du juge et non dans une salle d’audience.

La séance a duré environ 1 heure, et a constitué à vérifier notre dossier et à s’assurer que tous les documents étaient présents et correctement complétés. Le juge a d’ailleurs identifié quelques petites corrections à apporter à certains documents de l’orphelinat ce qui nous a fait craindre des délais. Le juge a également expliqué en détails en quoi consistait l’audience en cour, et il a énuméré l’ensemble des éléments que devra contenir ma présentation, tout en prenant soin de me donner quelques conseils sur certains points précis.

Suite à une mauvaise expérience impliquant des adoptants du Canada, le juge a également tenu à spécifier d’un ton ferme, que les appareils photos, les cellulaires ainsi que tous autres appareils électroniques étaient formellement interdits à la cour. Elvira nous avait mentionné au début de notre séjour que le ministère des affaires étrangères du Kazakhstan était particulièrement agacé par l’histoire d’une canadienne qui a récemment filmé l’intérieur d’un orphelinat à l’aide d’une caméra cachée, et qui a par la suite diffusé les vidéos sur internet.

À la fin de la séance le juge nous a indiqué que l’audience en cour aurait lieu ce mercredi à 10H00. On ne pouvait pas espérer mieux! Elvira nous avait informés que le juge avait récemment obtenu une promotion, et que c’était sa dernière semaine à ce poste. Il a ainsi devancé nos deux audiences afin de terminer ses dossiers rapidement pour se rendre à Astana relativement à ses nouvelles fonctions. Il a planifié notre audience en cour de façon à pouvoir prendre l’avion pour Astana le jour même en PM.

Chronique éducation

Au Kazakhstan les enfants vont à l’école 6 jours par semaine. Le système d’éducation comporte 4 niveaux : Le niveau élémentaire pour une durée de 7 ans, le niveau supérieur pour une durée de 4 ans, le niveau collégial pour une durée de 2 ans et finalement le niveau universitaire pour une durée de 4 à 5 ans. Le niveau collégial n’est pas un pré-requis pour faire des études universitaires. Les étudiants du niveau élémentaire vont à l’école de 8H00 à 12H00, alors que les élèves du niveau supérieur vont à l’école en PM jusqu’à 18H00.

Fait intéressant à noter il y a 5 universités à Uralsk. Étant spécialisées, les universités sont ainsi plus nombreuses et plus petites qu’au Canada. L’éducation est accessible gratuitement pour les écoles publiques aux niveaux élémentaire et supérieur. Pour le niveau universitaire les frais de scolarité sont variables en fonction de la discipline étudiée.

Notre résidence secondaire est d’ailleurs située à proximité de l’une de ces universités. Malgré que notre immeuble soit à moins de 2 minutes de marche de l’université, il n’y a pas d’étudiants qui habitent celui-ci étant donné les coûts élevés de logement.

Le costume est obligatoire pour les niveaux élémentaire et supérieur, et ce, autant pour l’école publique que l’école privée. Les garçons portent des habits, avec chemise et cravate, alors que les filles portent de belles robes. Sur la photo ci-après vous pourrez voir quelques élèves d’une école publique jouer à l’extérieur.


Bonne fin de congé pascal à tous!

HPEC et Emma