Vers 11H30 ce matin, Hélène a eu droit à tout un spectacle. Pendant qu’Hélène préparait son dîner, elle a entendu du bruit à l’extérieur près de l’entrée de l’immeuble. Une douzaine de jeunes adultes (18 à 20 ans) marchaient dans le stationnement, puis la bagarre a éclaté. Et pas à peu près… les coups de poing pleuvaient. Durant l’altercation, un gars s’est retrouvé couché au sol, alors que son assaillant continuait à le frapper brutalement. Une petite grand-maman qui passait par là s’est mise à crier. Les membres de la gang de celui qui se faisait frapper, essayaient de le tirer par les bras pour le sortir de sa fâcheuse position mais ils n’y arrivaient pas. C’était un peu fou!!! Hélène pense même que certains jeunes avaient un couteau en leur possession. Quand le jeune homme qui a été battu s’est finalement relevé, ses compagnons devaient le soutenir pour l’aider à marcher.
Des policiers patrouillant à pied sont arrivés une dizaine de minutes plus tard. À ce moment, il ne restait que les nombreux chats du secteur pour les accueillir. Les policiers ont interrogé deux jeunes, qui, selon Hélène, n’étaient probablement pas reliés à l’action. Ceux-ci ont subi une fouille complète, manteaux, poches et même les bas, puis les deux jeunes sont repartis accompagnés des policiers.
Hélène est bien heureuse que notre appartement soit situé au 3ième étage de l’immeuble, et elle a finalement décidé de reporter à plus tard ses projets de sorties pour aller jeter les ordures. Même si tous les appartements des immeubles du quartier situés au rez-de-chaussée ont des barreaux aux fenêtres, on croyait le coin relativement sécuritaire, puisque l’on voit souvent plusieurs jeunes enfants jouer à l’extérieur.
De mon côté mon voyage de retour s’est bien déroulé dans l’ensemble, mais il a été ponctué de quelques anecdotes. Tout d’abord à mon arrivée, au comptoir de Lufthansa à l’aéroport d’Almaty il n’y avait plus de réservations à mon nom! Lorsque le billet de retour d’Hélène a été modifié pour la date du 10 mai, Lufthansa avait également modifié la date de mon billet probablement parce que les deux billets étaient sur le même numéro de réservation. Par chance il restait des places disponibles sur chacun des 3 vols réservés initialement avec Lufthansa.
Nous avons quitté Almaty vers 2H15, et avons fait escale comme prévu à Astana. Les passagers sont demeurés à bord de l’appareil durant l’arrêt, et c’est à ce moment que j’ai décidé de prendre une gravol pour m’aider à dormir. J’étais très fatigué, et étant donné que près de 24 heures me séparaient encore de ma destination finale, il me fallait absolument dormir un peu. Vers 5H00, en vol vers Francfort, j’ai eu droit à de bonnes pouffées de chaleur. J’ai alors décidé de marcher et de me rendre dans une toilette pour me rafraîchir. L’effet combiné de ma fatigue et de la gravol a été terrible, puisqu’à 2 reprises je me suis endormi debout et je me suis affaissé sur le plancher. De retour à mon siège, j’ai finalement dormi près de 3 heures d’un sommeil léger.
L’aéroport de Francfort n’étant pas très convivial pour les passagers en transit, il ne faut pas hésiter à partager les rares sièges disponibles. Ainsi je me suis retrouvé près de 2 dames, qui m’ont demandé si j’habitais les États-Unis, car je feuilletais à ce moment-là le USA Today. La discussion s’est alors enclenchée. Celles-ci provenaient du Delaware et du Tennessee, et s’en allaient en pèlerinage à Medjugorje en Bosnie-Herzégovine, petit village où il y a des apparitions de la Vierge Marie depuis 1981. Ces deux dames ont été impressionnées par notre histoire d’adoption et m’ont promis qu’elles prieraient pour nous à Medjugorje. De plus elles ont ajouté le nom de « Bébé Emma et ses parents » à une liste servant d’aide mémoire.
Sur le vol Francfort/Montréal j’étais assis à côté d’une dame avec laquelle j’ai discuté un peu. Celle-ci m’a demandé si j’avais une photo d’Emma. Malheureusement les seules photos en ma possession étaient sur une clé USB. Celle-ci m’a alors proposé de les regarder sur son ordinateur portable, ce que j’ai accepté avec empressement. Je dois vous avouer que j’ai grandement apprécié revoir ces photos de notre fille.
Arrivé à Montréal avec un peu de retard, il ne restait qu’une heure pour attraper le prochain vol, et franchir les étapes des douanes, de la récupération des bagages, de remettre les bagages en correspondance et de passer la sécurité. Lorsqu’il est venu le temps de remettre les bagages en correspondance il y avait une file d’une trentaine de personnes avec une seule commis au comptoir. Étant donné que mon bagage était déjà identifié pour sa destination finale via le vol de 14H00, j’ai alors imité 3 autres voyageurs et j’ai placé ma valise directement sur le convoyeur des correspondances derrière le comptoir en contournant la file. La commis n’a pas vraiment apprécié. J’ai ignoré ses commentaires et dès que ma valise a été hors de vue, j’ai filé vers la sécurité. Finalement je suis arrivé à ma porte d’embarquement une quinzaine de minutes avant le départ, au moment où l’embarquement se terminait. Une heure plus tard ma valise et moi arrivions à Québec!
Arrivé chez moi, j’ai contacté l’Agence et je me suis dépêché à remplir une nouvelle demande de visa dans le but de repartir pour le Kazakhstan le 6 mai prochain, soit dans 9 jours ouvrables. Je suis finalement arrivé au bureau de poste à 16H55, ce qui m’a permis d’expédier ma demande de visa par poste express le jour même (car avant 17H00!!!). Ainsi l’Agence devrait recevoir ma demande dès demain, pour ensuite l’expédier à l’Ambassade du Kazakhstan à Toronto.
Exténué j’ai finalement retrouvé mon lit en début de soirée, soit 45 heures après avoir quitté Hélène et Emma à Uralsk.
Éric