dimanche 10 mai 2009

Enfin de retour à la maison!

Tel que convenu, Sveta et notre chauffeur Leonid, sont venus nous chercher à 0H15 à notre appartement de transit. Le début du trajet vers l’aéroport a été difficile pour Emma qui était probablement bouleversée par cet horaire tellement inhabituel. Hélène et moi avons réussi à la calmer en l’installant de façon à ce qu’elle puisse bien voir la route à partir du centre de la banquette arrière. Une demi-heure plus tard nous étions à l’aéroport d’Almaty. Après avoir enregistré nos bagages et obtenu nos cartes d’embarquement, nous nous sommes dirigés vers le contrôle des passeports. Même si ce n’était qu’une formalité, ce moment revêtait une signification bien particulière puisqu’il s’agissait de l’étape ultime à franchir pour qu’Emma puisse quitter son pays d’origine. Après avoir franchi le contrôle douanier, nous avons salué Sveta à distance pour une dernière fois, alors qu’elle nous surveillait au loin prête à intervenir en cas de problème.

Mademoiselle n’a pratiquement pas dormi durant l’attente qui a précédé notre embarquement à bord d’un Airbus A-340 de Lufthansa. Une fois à bord, vers 3H00 AM, Emma était toujours très chigneuse, ce qui nous a fait craindre que le voyage soit particulièrement difficile et éprouvant. Toutefois comme par magie Emma s’est endormie dans les bras d’Hélène dès que l’appareil a commencé à rouler sur la piste de l’aéroport d’Almaty. Au moment où l’avion a quitté le sol quelques minutes plus tard, nous devons avouer qu’un bref sentiment de culpabilité nous a traversés l’esprit en pensant que nous étions en train de déraciner Emma de sa terre natale. Toutefois même si Emma se questionnera éventuellement sur ses origines, nous espérons qu’elle saura un jour reconnaître la chance qu’elle a eu de quitter l’orphelinat. Sveta nous avait mentionné que seulement 2% des enfants kazakhs en orphelinat avaient la chance de trouver une famille d’adoption, puisque pour la plupart les parents biologiques ne signent pas de renonciation de leurs droits parentaux.

À notre grande surprise notre vol s’est bien déroulé alors que Maman Hélène et Bébé Emma en ont profité pour dormir durant une bonne partie du trajet. Le fait saillant de ce vol est survenu lors de notre approche finale sur Francfort, alors que Bébé a décidé de s’exprimer sans gêne en nous faisant un beau gros cadeau. Lorsque l’avion s’est finalement immobilisé, un agent de bord nous a dit que nous pouvions la changer avant de quitter l’appareil, offre que nous avons acceptée avec empressement… 1¼ minutes plus tard un autre agent de bord nous a indiqué de nous dépêcher car il ne manquait que nous à bord de la navette pour se rendre à l’aérogare. Finalement, après un petit sprint, nous avons à la fois assuré le confort de Bébé, de même que le confort des autres passagers qui nous ont côtoyés jusqu’à l’aérogare…!

Notre escale à Francfort marquait le retour d’Hélène à la vie occidentale après avoir vécu 7 longues semaines loin des nombreuses commodités et de l’abondance de notre société, dont 17 jours seule avec Emma. Hélène était particulièrement heureuse de revoir des gens qui nous ressemblaient, de voir des gens s’affairer dans l’aérogare, de voir des gens magasiner dans les nombreuses boutiques, de voir des gens manger et boire dans les restaurants et bars de l’aérogare. Hélène a été particulièrement étonnée de voir des gens la croiser et lui sourire en la voyant avec Emma, ce qui ne ressemble en rien au climat austère ressenti au Kazakhstan. Bref, ce retour vers la vie «normale», du moins vers la vie telle que nous la connaissons, était comme une bouffée d’air frais.

Le vol Francfort/Montréal à bord d’un Boeing 777 d’Air Canada s’est déroulé sans histoire. Bébé Emma s’est bien comportée, et un agent de bord nous a même mentionné à la fin du vol que nous avions un bébé idéal pour voyager… commentaire pour lequel nous émettons toutefois quelques réserves!!!

Vers 11H40 (21H40 heure d’Almaty), nous nous sommes posés à Montréal, et nous en avons profité pour souhaiter chaleureusement la bienvenue à Emma au Canada. Dix minutes plus tard notre avion s’est garé devant l’aéroport de Montréal. Nous étions alors persuadés de manquer notre connexion vers Québec prévue pour 13H00. Contre toute attente, nous sommes arrivés au carrousel à bagages avant nos valises! En effet étant donné qu’un jeune enfant voyageait avec nous, un agent de sécurité nous a dirigés de façon à éviter la file ce qui nous a permis de franchir le contrôle douanier très rapidement. Par la suite nous nous sommes présentés à Immigration Canada où, contrairement à ce que l’on croyait, notre passage a été très court. L’agent d’Immigration Canada a jeté un bref coup d’œil aux documents d’Emma, il a enregistré son visa de facilitation et nous a laissés partir sans nous donner d’indications additionnelles.

Vers 12H30 nos bagages étaient récupérés et nous nous sommes présentés au comptoir des connexions. Étant exténués, nous avons demandé à la commis s’il y avait de la place sur les vols suivants vers Québec, mais elle nous a mentionné que les autres vols étaient complets et que nous avions le temps pour prendre le prochain vol. J’ai donc déposé nos bagages sur le convoyeur des connexions, et malgré la déception d’Hélène, nous avons entrepris un dernier sprint. Ainsi après une bonne marche, nous avons franchi la sécurité, marché de nouveau vers notre porte d’embarquement, changé la couche d’Emma, et habillé cette dernière pour affronter le temps froid à l’extérieur, nous nous sommes présentés à notre porte d’embarquement à 12H55, juste à temps pour attraper notre vol. Avec un passage aussi rapide, ni Hélène, ni Emma n’auront eu la chance d’apprécier leur séjour à Montréal!

Tout comme lors de notre décollage à Uralsk, Emma aura réussi à m’étonner lors de notre départ. En effet je croyais que le bruit intense d’un DASH-8 au décollage ferait pleurer Emma. Au contraire Emma a observé calmement le paysage par le hublot jusqu’à ce que les nuages recouvrent Montréal. Par la suite Emma a bu un bon biberon de jus de pomme en espérant que cela suffirait à la faire patienter jusqu’au prochain biberon de lait.

Enfin arrivés à l’aéroport de Québec, en attendant nos bagages, nous étions excités de voir Catherine et les grands-parents d’Emma nous saluer de l’autre côté de la vitrine qui nous séparait. Par la suite il y avait énormément de fébrilité dans l’air au moment de franchir les portes pour retrouver nos proches. Emma était la vedette du moment, elle observait beaucoup sa grande sœur et elle a même esquissé quelques sourires à notre comité d’accueil.

Emma nous a rapidement fait remarquer que son horaire était chamboulé, et que la faim la tenaillait. Ainsi durant le trajet d’une vingtaine de minutes vers sa nouvelle demeure Mademoiselle était de très mauvaise humeur, à un point tel que Maman n’a pas insisté pour lui faire découvrir son nouveau siège d’auto. Une fois arrivés à la maison, papa s’est empressé de faire réchauffer un biberon tandis que Maman s’occupait de consoler et de déshabiller Bébé. Pendant ce temps, grand-papa Laurent et Louise, qui nous ont si gentiment conduits, s’occupaient des bagages. 2 minutes plus tard Bébé pouvait enfin ingurgiter son premier boire à la maison. Ouf, quel soulagement pour nos oreilles!

Une dizaine de minutes plus tard Bébé esquissait ses premiers sourires à la maison, au plus grand plaisir de grand-papa Laurent et Louise. Par la suite nous avons offert à Emma une première tournée de la maison pour qu’elle puisse commencer à se familiariser avec son nouvel environnement. À son habitude Emma a observé avec intérêt le nouveau décor qui défilait sous ses yeux et elle a été attirée par le beau bouquet de ballons qui l’attendait dans sa chambre. Et il faut mentionner, sans l’ombre d’un doute, que c’est Maman qui a le plus apprécié cette tournée de la maison. Après 7 semaines d’absence Hélène pouvait enfin savourer ces moments tant attendus.

Un peu plus tard Emma a fait sa première sieste dans son nouveau lit. Malgré nos appréhensions, Mademoiselle n’a pas protesté et elle s’est rapidement endormie. En soirée nous avons repris la routine du Kazakhstan : bain vers 19H00, dodo vers 20H00 et biberon à 23H00. Exténués, nous avons imité Emma pour dormir dès 20H30. Probablement désemparée, Bébé a pleuré à une seule occasion durant la nuit, et elle s’est rendormie rapidement lorsqu’Hélène l’a réconfortée. Finalement, contre toute attente, Emma s’est réveillée à 7H30 (heure du Québec!!!) le lendemain matin! Wow!!!

Le réveil de Mademoiselle s’est effectué en douceur. Après l’avoir entendue jargonner, celle-ci nous a réservé ses plus beaux sourires lorsque nous nous sommes approchés de sa couchette. Quel beau début de journée! Encore sous l’effet du décalage horaire, et subjugué par le charme de Bébé, Papa en a alors profité pour se présenter au travail avec un léger retard!

HPEC & Emma Victoria

Bienvenue au Canada!

Bonjour à vous chers lecteurs,

Nous vous écrivons ce petit mot pour vous dire qu'Emma a fait son entrée au Canada aujourd'hui. Notre voyage s'est bien déroulé dans l'ensemble, et Emma a connu sa grande soeur Catherine et ses grands-parents à notre arrivée à l'aéroport de Québec vers 14H00 cet après-midi. Ceux-ci nous ont même réservé quelques applaudissements lorsque nous avons franchi les portes après avoir récupéré nos bagages. Je dois avouer que Maman Hélène les méritait amplement. Si je n'avais pas transporté les bagages, je l'aurais également applaudi chaleureusement! Bravo Hélène!!!

Nous vous ferons un récit plus détaillé des derniers jours, dès que nous aurons repris un rythme de vie un peu plus normal.

Nous souhaitons maintenant qu'Emma s'adaptera rapidement à son nouvel environnement.

Je tiens également à souhaiter un joyeux anniversaire à mon collègue Monsieur Gagnon. En fait nous aurons profité d'une journée de 34 heures pour penser à l'anniversaire de M. Gagnon puisque nous avons quitté Almaty en pleine nuit avec 10 heures d'avance sur le Québec. Finalement en cette journée de la fête des mères, je souhaite bonne fête à toutes les mamans qui ont suivi notre aventure, et principalement à celle qui y a joué un rôle primordial, et vous aurez deviné qu'il s'agit de maman Hélène!

À bientôt!

HPEC & Emma Victoria

samedi 9 mai 2009

Le départ de Uralsk

Dès 5H15 nous étions à l’œuvre pour effectuer les derniers préparatifs avant notre départ. En plus de finaliser les bagages, nous nous sommes partagés plusieurs tâches ménagères. Entre autres nous avons lavé les draps de notre lit et de celui du bébé, fait la vaisselle suite au déjeuner, fait le ménage du frigo et du garde-manger, jeté les denrées périssables et terminé le ramassage. Il faut avouer que c’était particulier de jeter nos réserves de nourriture alors que nous n’avions toujours pas de confirmation que les papiers d’Emma étaient arrivés!!!

De plus nous avons rangé dans quelques boîtes les articles qui seront sûrement utiles aux futures familles adoptantes. À notre retour nous mettrons à jour la liste de ces articles, initialement préparée par les parents adoptants qui nous ont précédés. Elvira viendra récupérer les boîtes et les entreposera en attendant qu’une nouvelle famille ait la chance d’adopter un enfant à Uralsk. De même Elvira s’occupera de ramasser les draps qui sont présentement au séchage sur les chaises de la cuisine, et elle les ajoutera dans les boîtes réservées à nos successeurs.

Tant qu’à elle, Bébé-Emma s’est réveillée peu après 7H00, et durant que Maman Hélène s’occupait de Mademoiselle, papa Éric terminait les bagages. Par la suite, c’est Maman Hélène qui a eu la tâche ingrate d’aller jeter les vidanges pour une dernière fois. Je conviens que c’est moi qui aurais dû m’acquitter de cette tâche, mais… ce matin c’était boueux à cause des averses abondantes de la veille en soirée, et étant donné que je n’avais pas ramené mes bottes à Uralsk, Hélène s’est alors proposée comme volontaire.

Tel que convenu Elvira est arrivée vers 8H00, et elle nous a confirmé qu’elle avait bien reçu les papiers tant attendus. Quelle bonne nouvelle! Finalement vers 8H15, le temps de quitter cet endroit, où nous avons vécu des moments qui resteront gravés à jamais dans notre esprit, était enfin arrivé. Malgré les souvenirs que nous laissons derrière nous, c’est tout même avec enthousiasme que nous avons fait nos adieux à l’appartement.

Sur la route nous menant à l’aéroport Elvira nous a fait remarquer un obélisque indiquant la frontière entre l’Europe et l’Asie. Ainsi Uralsk est mi-européenne et mi-asiatique.

À l’aéroport d’Uralsk nos bagages, incluant la poussette, ont fait osciller l’aiguille de la balance à 60Kg pile. Ayant droit à 30Kg chacun, nous avions donc pris une bonne décision de limiter nos achats de vodka kazakh! Par la suite avant de franchir le contrôle des passeports, nous avons salué et remercié Elvira pour une dernière fois. Celle-ci nous a demandé de lui faire parvenir des photos d’Emma, et nous a mentionné qu’il était possible qu’elle vienne nous rendre visite au Canada éventuellement. Une fois rendus sur le tarmac, avant de grimper à bord d’un Airbus 319 d’Air Astana, Hélène a voulu immortaliser le départ d’Emma de sa ville natale. Toutefois un garde de sécurité qui surveillait l’embarquement ne l’entendait pas ainsi, et nous a interdit de prendre des photos, c’est du moins ce que l’on croit avoir compris…

Mademoiselle Emma s’est comportée de façon exemplaire autant à l’aéroport qu’au décollage. Et bien oui contrairement à ce que j’anticipais, Emma n’a pas réagi aux vibrations intenses de l’appareil au moment de s’élancer sur cette piste aussi douce qu’une planche à laver! Il faut dire qu’Emma a siphonné avec beaucoup d’intensité un bon jus de pomme durant le décollage. Durant notre ascension Bébé Emma s’est endormi dans mes bras avec son biberon vide entre les mains. Nous étions très fiers du comportement de notre fille, et les agents de bord semblaient en admiration devant notre petit ange kazakh. Lorsque nous avons tenté de déposer Bébé-Emma dans la bassinette que l’agent de bord avait installé à nos pieds, Mademoiselle s’y est opposée vigoureusement. Elle se sentait probablement coincée dans ce petit lit qui ne ressemblait en rien à sa couchette, ce qui a fait disparaître instantanément son petit côté angélique! Emma était tout simplement inconsolable. Je me suis empressé d’avaler mon dîner pour prendre la relève d’Hélène. Mais Emma ne l’entendait pas ainsi… et elle a réussi à priver sa maman de ce repas attendu depuis si longtemps. Je lui ai préparé une bouteille de lait pour la calmer, mais rien à faire… Mademoiselle était trop fatiguée et fâchée pour prendre son biberon. Tout cela n’inspirait rien de bon pour les prochains vols… Après plus d’une heure et demie de pleurs, Maman Hélène a finalement réussi à endormir Emma dans ses bras. Emma a ainsi dormi blottie dans les bras de sa maman pour le reste du vol, dans un sommeil fragile qui a été ponctué de nombreux sanglots.

Une fois arrivés à Almaty, Hélène a fait une analyse particulièrement logique de cette situation. En effet pour ne pas trop déstabiliser Emma depuis sa sortie de l’orphelinat, nous n’avions pas modifié sa routine des dodos. Ainsi à chaque sieste Emma était déposée dans sa couchette et elle s’endormait couchée sur le côté en prenant sa doudou près de son visage. Donc jusqu’à ce jour, Emma ne s’était jamais habituée à s’endormir dans les bras d’Hélène, et en plus la fatigue d’Emma était amplifiée puisque qu’elle n’avait pas fait sa sieste matinale.

Vers 14H00 nous avons retrouvé Sveta à l’aéroport d’Almaty, et en attendant notre prochain vol nous nous sommes dirigés vers le même appartement où j’avais logé 2½ semaines plus tôt. Sur la route les étranges traverses pour piétons ont de nouveau capté notre attention. En effet, tout comme à Uralsk, les piétons ont priorité pour traverser la route aux endroits balisés par deux petits triangles bleus de chaque côté de la route. C’est assez spécial de voir des piétons traverser les rues sans qu’il y ait de lumières, avertisseurs ou autres signaux, et de voir les automobiles s’immobiliser, et souvent assez brusquement, pour les laisser passer. C’était encore plus particulier de voir ce type de traverse à Almaty sur un boulevard à 6 voies où les véhicules circulaient probablement à près de 70Km/heure.

Emma a tôt fait de nous ramener à la réalité en nous manifestant son impatience, car n’ayant pas pris son biberon en vol, elle était assurément affamée. Ainsi nous nous sommes rendus directement à l’appartement pour que Bébé puisse prendre son biberon. Durant ce temps je me suis rendu à l’épicerie avec Sveta, pour acheter quelques provisions pour notre court séjour.

La température étant magnifique, et l’appartement étant déprimant, nous avons décidé vers 16H00 qu’Emma dormirait dans sa poussette plutôt que dans la couchette installée dans l’appartement. Ainsi nous avons marché au centre-ville et ce principalement sur une grande allée piétonnière entourée de boutiques et de restaurants. Il y avait beaucoup de monde en ville puisque le 9 mai est le jour de la commémoration de la victoire survenue en 1945 lors de la seconde guerre mondiale. Nous avons également fait une tournée rapide d’un centre d’achat nommé «silk road» faisant ainsi allusion à la route historique de la soie entre l’Europe et l’Asie. Nous avons apprécié ces moments à l’extérieur, et Hélène était très excitée de se retrouver dans cet environnement plus contemporain, comme si nous avions fait un bond en avant de quelques décennies en quittant Uralsk.

De 19H30 à 22H30, Papa et Emma ont fait une sieste, alors que Maman en a profité pour relaxer, et prendre une bonne douche. Malheureusement pour la coiffure de Maman, son séchoir a rendu l’âme à quelques heures de la fin de notre périple. Notre fin de soirée a été fort occupée : Laver, nourrir et habiller Bébé, prendre un lunch, faire la vaisselle, petit ménage de l’appartement, se doucher, refermer et réorganiser les valises, etc… Finalement Hélène a préparé suffisamment de biberons pour toute la durée du grand voyage qui allait commencer dans les prochaines minutes.

HPEC & Emma Victoria

vendredi 8 mai 2009

Les retrouvailles

Mon vol est arrivé à Uralsk selon l’horaire prévu, et contrairement au premier voyage Elvira était au rendez-vous! Elvira semblait inquiète, et effectivement la situation concernant la grippe A H1N1 au Canada la préoccupait. Après l’avoir rassurée, je l’ai questionnée à mon tour pour savoir si les papiers d’Emma étaient arrivés. Et bien non, les documents n’étaient toujours pas arrivés. Elvira m’a expliqué qu’il y avait un peu de retard et que les documents arriveraient directement de Moscou par avion au cours de la prochaine nuit vers 2H00. Même si Elvira m’a dit de ne pas m’inquiéter, disons que de recevoir les papiers d’Emma quelques heures avant notre départ n’est pas une situation particulièrement rassurante…

Par la suite, Elvira a installé la boîte contenant la poussette sur le siège avant à ses côtés, et conformément aux indications d’Elvira, je me suis assis comme à l’habitude à l’arrière de la Lexus, et nous nous sommes mis en route vers l’appartement. J’ai constaté que le printemps était bien installé sur Uralsk, et que le feuillage des arbres rend maintenant la ville un peu moins grise. Je me suis également rappelé que la conduite automobile au Kazakhstan est bien différente qu’au Canada. En effet les angles morts ça n’existe pas au Kazakhstan. Ainsi le conducteur de l’automobile qui nous précède a priorité, et peut se déplacer à gauche ou à droite sans signaler son intention. C’est toujours surprenant de voir un véhicule se déplacer brusquement sur sa gauche pour contourner un véhicule immobilisé en bordure de la route, sans considérer les autos qui se situent dans son angle mort. De même il ne faut pas essayer de comprendre l’utilité des lignes peintes sur la chaussée puisqu’il y a autant de conducteurs qui se promènent sur les lignes qu’entre les lignes. Finalement nous avons vu des dépassements extrêmes sur la route qui mène à l’aéroport à plus d’une reprise. Imaginez des dépassements alors qu’une voiture vous croise en sens inverse… une chance que les accotements sont suffisamment larges pour faciliter les manœuvres!

En montant les escaliers menant à notre résidence secondaire j’ai rapidement reconnu les odeurs d’humidité et d’urine de chat qui caractérisent l’entrée de l’immeuble et les escaliers. Arrivé devant la porte de l’appartement, j’ai cogné à plusieurs reprises pour qu’Hélène ouvre la porte, mais sans succès. Moi qui croyais qu’Hélène avait hâte de me revoir…! En fait Hélène respectait simplement les consignes de sécurité puisqu’elle ne voyait pas l’auto d’Elvira à l’extérieur.

Après 17 jours seule avec Bébé Emma, Hélène avait enfin le bonheur de me retrouver… du moins c’est ce que j’imagine! Aussitôt entré dans l’appartement, Bébé Emma a manifesté sa présence en signalant la fin de sa sieste du matin. Suivant les conseils d’Hélène je me suis approché doucement de la couchette afin de saluer ma fille. Dès qu’Emma m’a vu, elle a eu un léger mouvement de recul, et en signe d’étonnement sa bouche et ses yeux se sont arrondis. Deux secondes plus tard, j’avais droit au plus beau des sourires. J’étais soulagé qu’Emma m’ait reconnu, et elle a semblé apprécier se retrouver dans mes bras.

Quelques minutes plus tard Hélène a placé Emma à plat ventre au centre du salon. Et bien j’ai eu droit à une belle surprise puisque Mademoiselle est maintenant capable de se déplacer en rampant! Et oui les cours de «rampage 101» ont finalement porté fruit! Je dois avouer que ça fait chaud au cœur de retrouver sa petite famille dans un endroit aussi lointain de chez soi. Un peu plus tard Emma a effectué son premier tour de poussette dans l’appartement, alors que nous avions décidé de la familiariser avant le grand voyage de retour.

Après un si long voyage, j’étais plus que prêt pour prendre une bonne douche. Bon, je vous laisse imaginer la suite… et bien oui il n’y avait pas d’eau! Bienvenue à Uralsk Éric! Ce n’est que vers midi que l’eau est enfin revenue. Et en regardant au fond du bain je me suis rappelé à nouveau des souvenirs de mon premier voyage, en constatant à quel point l’eau pouvait être riche en minéraux!!! Finalement, exténué de mon voyage, Hélène m’a permis d’imiter Emma, et j’en ai profité pour dormir comme une bûche jusqu’à 14H00.

Tel que convenu, Elvira est venue nous rejoindre à l’appartement vers 15H00. Nous avons alors profité de l’occasion pour lui remettre un cadeau et nous lui avons exprimé notre gratitude pour tout ce qu’elle a fait pour nous durant notre séjour à Uralsk. Par la suite nous avons été nous promener avec Elvira au parc. Cet endroit qui longe la rivière Oral est vraiment superbe et nous avons grandement apprécié notre marche en plein air. Emma en a profité pour faire une petite sieste dans sa poussette. Par la suite nous avons fait un saut au centre d’achat à 3 étages pour acheter quelques souvenirs à Emma. Finalement nous nous sommes rendus avec Elvira au restaurant Galaxie pour prendre un excellent souper avant notre départ. Il s’agissait de la première sortie d’Emma au restaurant, et dans l’ensemble Mademoiselle s’est bien comportée. Il faut dire qu’elle a eu droit à un biberon avant le début du repas qui a contribué à la garder calme.

En soirée Mademoiselle était fort enjouée pour son dernier bain à Uralsk. Une fois Emma endormie, Hélène et moi avons entrepris un blitz pour préparer les bagages et faire du ménage. Par chance Hélène avait déjà fait une bonne partie du ménage avant mon arrivée. En fin de soirée, une fois les bagages pratiquement complétés, nous nous sommes couchés pour une très courte nuit en rêvant à notre retour au Canada avec Emma, et en souhaitant que les papiers d’Emma arrivent de Moscou au cours de la nuit comme prévu.

Bonne nuit!

HPEC et Emma Victoria

jeudi 7 mai 2009

Émilie Bordeleau

Enfin je me suis envolé pour le Kazakhstan le 6 mai en fin de journée pour retrouver Hélène et Bébé Emma. Lorsque je suis arrivé du travail à 14H30, Monsieur Parent et Louise m’attendaient patiemment à la maison pour venir me reconduire à l’aéroport. Même Catherine a préféré demeurer à la maison pour me saluer avant mon départ, vraiment très gentil, n’est-ce pas? À vrai dire je ne lui ai pas demandé la raison pour laquelle elle était à la maison cet après-midi, mais j’ai imaginé que…

Voici les faits saillants de ce voyage :
  • Arrivé à Montréal, mon vol de 19H55 pour Francfort était retardé à 21H30. Youppi! À choisir entre Montréal et Francfort pour attendre, je préfère de loin l’aéroport de Montréal. Toutefois, Monsieur Gagnon, il faut reconnaître que ce n’est rien de comparable au magnifique aéroport de Québec!
  • Durant mon attente à Montréal, j’ai lu avec intérêt un courriel qu’Hélène m’avait envoyé plus tôt dans la journée. Je ne peux passer sous silence le paragraphe où Hélène se compare à Émilie Bordeleau dans les filles de Caleb lors des absences d’Ovila Pronovost qui se rendait sur les chantiers. Moi qui croyais qu’Hélène faisait référence aux retrouvailles passionnées du couple lorsqu’Ovila était de retour du chantier… et bien non, Hélène faisait seulement allusion au fait que je l’avais abandonnée avec Emma, de la même façon qu’Ovila abandonnait Émilie avec ses enfants…
  • Cette fois-ci loin de moi les gravols…. Par chance sur le vol Montréal/Francfort, les 2 sièges voisins étaient libres. J’en ai donc profité pour dormir à l’horizontal près de 3 heures. Pour le vol Francfort/Almaty, le voyage s’est bien déroulé et a été ponctué d’une escale à Astana. Malgré la fatigue je n’ai pas réussi à dormir sur ce vol, et j’en ai profité pour visionner «Le liseur» et «Slumdog millionaire».
  • Un instant j’ai cru que ce que je redoutais allait ce produire en arrivant à Almaty devant les risques de pandémie associés à la grippe A H1N1. En fil pour passer aux douanes, une agente au style militaire se promenait devant les rangées avec un masque pour se protéger des microbes de l’Amérique du Nord. Quelques autres agents douaniers assis derrière la fenêtre de leur cubicule portaient également des masques. Lorsque mon tour de franchir les douanes est arrivé, l’agente a eu une vive réaction lorsqu’elle a constaté que j’avais un passeport canadien. En effet elle a eu un mouvement de recul et m’a lancé d’une voix vive : « Go away! Go away! », tout en gesticulant, comme si j’avais la peste. Intérieurement je me questionnais : « Go away, mais pour aller où???» et devant sa réaction j’ai reculé de 2 pas, ce qui a suffi pour la calmer. Elle m’a alors posé une question de routine sur mon nouveau visa, et elle s’est empressée de me laisser passer. Ouf! Considérant que d’autres pays d’Asie avaient soit refoulés des voyageurs, mis des voyageurs en quarantaine ou bien soumis des voyageurs à des examens médicaux, je dois avouer que la méthode kazakh me convenait parfaitement!!!
  • Vers 1H30, je suis arrivé au salon de la classe affaires d’Air Astana à l’aéroport d’Almaty. J’étais bien heureux d’être arrivé en sol kazakh, et d’avoir franchi les contrôles douaniers! J’avais planifié dormir quelques heures dans un fauteuil de ce salon avant de prendre mon prochain vol prévu pour 6H25. Disons que ma planification était un peu déficiente car je n’avais pas prévu que la jeune fille en charge du comptoir déciderait d’écouter la télé à tue-tête. Vers 3H30, le bruit assourdissant de la télé avait laissé la place au flot continuel de voyageurs, et aux annonces fréquentes des arrivées et départs des différents vols. Finalement j’ai peu dormi durant la nuit avant de prendre mon vol pour Uralsk.

À très bientôt!

Hélène, Éric et Emma

mardi 5 mai 2009

Un nouveau cousin pour Emma

Aujourd’hui, pour la première fois depuis le début de notre aventure, nous n’avons pas reçu de courriel de Martine. Il fallait bien que ça arrive tôt ou tard…. Et oui Martine a accouché la nuit dernière d’un beau garçon prénommé Louis. Félicitations aux nouveaux parents, Martine et Régis! Hélène est un peu jalouse, puisque je me suis rendu à l’hôpital en début de soirée pour voir le nouveau cousin d’Emma. Donc la famille s’agrandit pour la peine en 2009: Maude a accouché de Tom-Elric en mars, Emma Victoria s’est ajoutée par la suite et maintenant voilà Louis qui vient compléter la cuvée 2009. Et de plus il faut ajouter que du côté de la famille à Hélène, il y a aussi la belle Marie-Maude qui est née en janvier dernier.

Après la visite à l’hôpital je me suis empressé de compléter mes bagages car demain c’est enfin le départ pour mon second séjour au Kazakhstan, qui j’espère sera de très courte durée!

Du côté d’Uralsk le beau temps est revenu, ce qui permet à maman Hélène de prendre une petite marche avec Emma en après-midi. Même si pour aller dehors Emma doit revêtir un ensemble chaud qui restreint malheureusement ses mouvements, Emma semble apprécier ces moments avec sa maman. Il faut également mentionner que le premier repas de Bébé Emma à base de poulet et patates sucrées n’a pas fait fureur, puisque Mademoiselle a grimacé. Cette situation est un peu gênante puisque tous les autres aliments essayés jusqu’à maintenant ont semblé lui plaire. Nous demeurons toutefois confiants qu’un jour elle appréciera le bon poulet Exceldor lorsque nous serons de retour au Canada!

À demain!

HPEC & Emma

dimanche 3 mai 2009

Les peintres sont à l'oeuvre

La température est maussade à Uralsk ce weekend. Etant donné le temps froid et venteux, Hélène et Emma sont confinées à l'intérieur, et la sortie au parc avec Elvira a été annulée. Même si ce n'est pas recommandé pour favoriser l'attachement d'un enfant, Hélène s'est permis une petite détente en écoutant une émission de variétés kazakh. Comme de raison Emma est impressionnée par cette machine bizarre qui émet des sons et des images. Après une prestation très réussie, l'auditoire s'est mis à applaudir. Au grand étonnement d'Hélène, Emma s'est également mise à applaudir et à émettre des sons joyeux, comme si elle appréciait ce spectacle kazakh. Et oui, Emma nous surprend par son sens de l'observation et ses talents d'imitation. Par ailleurs, pour la durée des siestes d'Emma, Hélène note une certaine amélioration.

Du coté de St-Romuald, grand-papa Laurent et grand-maman Louise ont relevé le défi de peinturer la chambre d'Emma aujourd'hui. Et oui, la chambre de Bébé-Emma n'était pas encore prête puisque avant notre départ l'incertitude planait toujours quant au sexe de l'enfant. Maintenant tout est prêt! Disons que sa chambre contraste un peu avec son dortoir de l'orphelinat! Un gros merci à nos 2 peintres, de vrais pros! Il est certain que M. Parent et Louise feraient d'excellents candidats pour participer à Ma Maison RONA!!!!

De mon coté, avec l'aide d'Antoine, nous avons terminé les achats pour Emma. Disons que la poussette parapluie répondant aux critères de maman Hélène a été particulièrement difficile à trouver. Mais aujourd'hui nous pouvons dire: mission accomplie! Hélène a vu la poussette via le site internet du fabricant, et elle nous a donné sa bénédiction. Ouf! Plus que 3 dodos avant mon départ pour le Kazakhstan. J'ai vraiment hâte de m'envoler pour retrouver Hélène et Emma!

HPEC et Emma Victoria

vendredi 1 mai 2009

J'ai reçu mon visa

Hier Elvira a contacté Hélène, et elle lui a confirmé que le dossier d’Emma sera à l’ambassade du Canada à Moscou lundi prochain. Ainsi Elvira croit que nous recevrons jeudi le 7 mai tous les papiers nous permettant de ramener Bébé-Emma avec nous au Canada. On se croise les doigts pour que cet échéancier devienne réalité!

Le beau temps s’est installé depuis quelques jours sur Uralsk ce qui permet à Hélène de prendre l’air avec Bébé. Il fait chaud, et ce spécialement lorsque Maman se promène avec Bébé dans le porte bébé ventral. En passant Hélène dit qu’elle a l’impression que les gens la regardent comme une extra-terrestre, probablement parce qu’un porte bébé ventral ne passe pas inaperçu dans ce coin de la planète. En fait la grande majorité des jeunes enfants que l’on croise lors de nos marches sont dans les bras de leurs parents. On a vu également quelques poussettes, mais c’est plutôt rare.

Hélène m’a raconté qu’Emma avait eu quelques secondes de réflexion lorsque cette dernière a vu pour la première fois sa maman avec les cheveux attachés. Après avoir entendu la douce et rassurante voix de sa maman, Emma a par la suite recommencé à sourire.

De mon côté, j’ai reçu mon visa de l’ambassade du Kazakhstan au Canada. Celui-ci a été livré par Fedex hier, mais évidemment j’étais au travail lors de la livraison. J’ai donc été cueillir le précieux document au dépôt de Fedex à Québec en fin de journée.

Un peu plus tôt cette semaine j’ai réservé mes billets d’avion pour aller rejoindre Hélène et Emma à Uralsk. J’ai également réservé un billet de retour pour Emma, et Mademoiselle aura probablement droit à une bassinette pour les vols Almaty/Francfort et Francfort/Montréal. Voici donc l’itinéraire :
· 6 mai / vol AC8723 Québec-Montréal / départ 17H20 / arrivée 18H12;
· 6 mai / vol LH9641 Montréal-Francfort / départ 19H55 / arrivée 8H55;
· 7 mai / vol LH646 Francfort-Almaty / départ 13H15 / arrivée 1H15 avec escale à Astana;
· 8 mai / vol KC881 Almaty-Uralsk / départ 6H25 / arrivée 8H40;
· 9 mai / vol KC882 Uralsk-Almaty / départ 9H40 / arrivée 13H40;
· 10 mai / vol LH647 Almaty-Francfort / départ 3H15 / arrivée 6H10;
· 10 mai / vol LH9640 Francfort-Montréal / départ 10H00 / arrivée 11H40;
· 10 mai / vol LH9596 Montréal-Québec / départ 13H00 / arrivée 13H47;

Tout dépendamment du temps requis pour franchir les douanes et passer à l’immigration, il est probable que l’échéancier soit un peu serré pour réussir à attraper notre dernier vol à temps. Une fois rendu à Montréal on réussira sûrement à s’arranger pour se rendre à Québec. À vrai dire ma principale inquiétude est de savoir si les autorités kazakhs risquent de me refuser l’entrée au Kazakhstan à cause des cas de grippe A H1N1 au Canada. Pour l’instant je ne peux rien y faire, alors on verra en temps et lieu.

À bientôt!

HPEC et Emma Victoria