L’atterrissage a été assez brusque puisque la piste nous a semblé être aussi plane qu’une planche à laver. Vers 21H30, à notre sortie de l’avion, nous avons franchi une clôture adjacente à l’aéroport pour se retrouver dans le milieu du stationnement devant l’édifice. Cela nous a un peu déstabilisés puisqu’il fallait récupérer nos bagages! Nous sommes donc entrés à l’intérieur de l’aérogare par la porte avant, en essayant de comprendre sans succès les indications en caractères cyrilliques pour récupérer nos foutus bagages. Finalement d’autres passagers se sont rassemblés près d’une porte dans le hall central de l’aérogare. Après quelques minutes les portes se sont ouvertes sur un genre d’annexe à l’aérogare où se trouvait un carrousel à bagages.
Après avoir récupéré les bagages, il fallait maintenant trouver Elvira notre coordonnatrice à Uralsk. Après plus de 30 minutes d’attente, Hélène m’a convaincu de refuser de prendre un taxi et de refuser l’offre d’une gentille dame parlant l’anglais qui nous avait proposé de nous reconduire à Uralsk. Vers 22H15 l’aérogare se faisait de plus en plus désert, à l’exception d’une meute de chauffeurs de taxis qui nous avait repérés depuis longtemps. Un peu exaspéré j’ai téléphoné à l’Agence au Canada pour signaler que notre coordonnatrice n’était pas au rendez-vous. Par la suite pour combattre un chauffage plus que déficient, Hélène a décidé de prendre ses bottes dans nos valises. 15 minutes plus tard, Galina de l’Agence nous recontacte pour nous indiquer que Elvira venait de quitter Uralsk en direction de l’aéroport situé à ½ heure de route.
Vers 23H00 il ne restait que 3 personnes dans le hall de l’aérogare, et même les chauffeurs de taxis avaient abandonné leur chasse. Finalement avec 90 minutes de retard nous avons fait la connaissance de Elvira, et sommes partis pour Uralsk. En route, après avoir franchis un point de contrôle où tous les véhicules doivent s’immobiliser après 23H00, nous avons vu de belles choses, dont des ponts illuminés, ce qui constitue une réussite comparativement au pont de Québec!!!
Alors que l’on croyait passer la première nuit au réputé hôtel Pushkin, Elvira nous a mentionné qu’elle nous conduirait à un appartement pour notre première nuit. Elle nous a mentionné que l’appartement avait été utilisé auparavant par d’autres parents adoptants et qu’il était très bien. Vers 23H45, on s’arrête pour faire une épicerie rudimentaire, car pas besoin de vous dire que l’on n’avait pas la tête à faire l’épicerie à une heure aussi tardive et après un si long voyage.
Près de l’appartement, l’état de la route s’est grandement détérioré, à un point tel que je croyais que seuls une traction intégrale et le «big foot» à M. Gagnon pourraient arriver à destination.
Arrivés à destination, nous avons constaté l’efficacité du programme énergétique du Kazakhstan. En effet les cages d’escaliers des blocs appartement ne sont pas éclairées. Nous avons donc entrepris de monter les marches jusqu’au troisième étage dans l’obscurité totale. Avec une valise dans chaque main en plus de mon sac à dos, j’ai trébuché sur un seuil de porte, culbuté par dessus une valise et je me suis retrouvé les «quatre fers en l’air». Bienvenue à l’appart Éric!!!! 24 heures après l’événement Hélène a encore des fous rires incontrôlables.
L’appartement est relativement correct. Ce n’est pas le confort de nos résidences au Québec, mais nous nous considérons tout de même chanceux d’être convenablement logés. Étant donné que les parents adoptants qui nous ont précédés avaient laissé à Uralsk plusieurs choses utiles à leurs successeurs, nous avons voyagé un peu plus léger (Rien à comparer à la valise de Catherine pour se rendre à Glendon l’été dernier!). Donc nous n’avons pas mis de draps dans nos bagages et nous n’en avons pas trouvés non plus dans l’appartement. Nous avons donc utilisé les couvertures de bébé que nous avions apportées pour passer la première nuit. Après avoir vécu nos premières heures à Uralsk, on prend rapidement conscience de la chance que l’on a d’habiter au Canada.